«Je suis un artiste ouvert, qui veux travailler avec les autres, grand ou petit », (Héritier Watanabe)

«Je suis un artiste ouvert, qui veux travailler avec les autres, grand ou petit », (Héritier Watanabe)

Depuis ses 16 ans, le chanteur congolais Héritier Watanabe n’a jamais cessé d’emballer les mélomanes.  Avec sa voix épurée, l’artiste s’impose comme une référence de la musique congolaise et une star incontournable de la scène africaine. En séjour en ville touristique, où il a livré 3 concerts privés dont un caritatif aux sinistrés de la dernière éruption du Nyiragongo. Déjà plus d’une heure que l’on attend à l’hôtel Serena, ce 17 octobre. Sans trop y croire. Depuis son arrivée en ville de Goma qu’on a sollicité un entretien, son entourage n’a jamais confirmé.  A deux heures de son dernier concert sur le sol volcanique, il accepte enfin de nous recevoir dans sa chambre huppée du seul hôtel 5 étoiles de la place. C’est un honneur pour lui, de recevoir Arts.cd/Goma pour une interview exclusive.

De son vrai nom, Héritier Bondongo Kabeya, 39 ans, premier artiste congolais à donner un concert archi-complet, hors d’un dancing bar, sans avoir même enregistré un album en 2015, lance d’entrée un message de compassion à tous les sinistrés du Nyiragongo, il y a 5 mois : « L’éruption du volcan Nyiragongo nous a très touché à Kinshasa. A toute la population touchée, beaucoup de courage », a-t-il compati.

« Je n’attends pas de tour pour participer au festival Amani. Il nous a livré à cœur ouvert une exclusivité»

Depuis qu’il est à Goma, c’est 3 concerts privés successifs. Une situation qui a écœuré certains de ses mélomanes qui voulait vouloir dans un concert public. « C’est le producteur qui fixe les règles mais il y a une proposition qui m’a été faite pour revenir ici à la fin de l’année, je crois au nouvel an pour faire deux concerts, un VIP et un autre populaire », s’est-il justifié et a promis l’artiste. L’autre évènement marquant dans lequel il était très attendu, c’est le Festival Amani qui se tient chaque année au mois de février dont la dernière édition a été reportée pour l’an prochain. Pour l’artiste, ce n’est pas à lui de faire le premier pas.

 

« Je n’attends pas de tour pour participer au festival Amani. Le jour qu’ils (organisateurs)  verront que c’est important que je puisse venir, ils vont m’inviter », assomme-t-il. « Apres, aujourd’hui dans les festivals, il faut comprendre qu’il y a de gens qui ont de liens avec X ou Y, il y a de ceux-là qui favorisent leurs amis. Moi quand je fais la musique, je ne me fixe pas de règles que tel festival je dois jouer, NON. Je sors mes albums, les gens doivent apprécier mes chansons. Je suis plus heureux de venir à Goma voir que les gens aiment ‘’BM’’, ‘’Désolé’’, ‘’tout en noir’’…. moi ça me suffit et le reste ça viendra et si ce n’est pas le cas, ce n’est pas mon problème », s’est-il rassuré.

Concernant son album, « Mi- ange, Mi- démon », La Pulga (un de ses surnoms), est satisfit et surpris de son accueil par la population locale : « Je suis très satisfait de l’album. Je fais cet album pour que ça donne du plaisir, de la joie aux gens et aujourd’hui, quand je joue mes chansons, les gens jouent avec moi », a-t-il souligné avant de continuer sur la même lancée, « Je l’ai vu dans les concerts que j’ai livré ici. Le public chantait en communion avec moi, cela prouve à suffisance qu’on a aimé l’album », a affirmé Héritier Wata avec sourire aux lèvres.

« Un feat avec Innoss’b ? À très bientôt. Je crois que Djizzo, notre maestro, va faire un son. Déjà j’ai parlé avec Innoss B et c’est en préparation (…)»

David Kasi correspondant arts.d Nord-Kivu et Héritier Watanabe lors de l’interview ph. arts.cd

Sa relation avec Innocent Balume (Innoss B) n’a pas manqué dans cet échange. Wata n’est pas resté fermé. «Un feat avec Innoss’b ? À très bientôt. Je crois que Djizzo, notre maestro, va faire un son. Déjà j’ai parlé avec Innoss B et c’est en préparation », a-t-il révélé avant d’aller un peu plus en affirmant qu’Innoss B devrait figurer dans son disque : « Si il n’y a pas eu la crise sanitaire de Covid 19, Innoss B allait travailler dans mon album. Le fait d’être bloqué en France pendant le confinement a bouleversé tout mon programme, voilà pourquoi il n’a pas pu participer. Mais, c’est un gars que je porte à cœur. J’espère que le jour où on va chanter avec lui, ça sera un bon truc ».

 

Innoss B, tout comme la nouvelle génération de la musique congolaise, est en migration vers  d’autres styles, au-delà de la rumba congolaise. Une situation normale pour Héritier même si, selon lui « Le centre de la musique congolaise c’est la Rumba. La tendance ne change. Il y a toujours des révolutionnaires dans chaque chose comme c’était à l’époque avec Lexxus Légal qui ne faisait pas la Rumba » et que  « je dirais que », a poursuit Wata « la rumba est notre âme, le ndombolo c’est la base mais cela n’empêche pas que d’autres musiques viennent perturber les tendances comme dans d’autres pays. Je suis un artiste ouvert, qui veux travailler avec les autres, grand ou petit».

Héritier Watanabe pensif pour répondre aux questions

« Je suis un artiste qui aime apprendre et développer ma musique, j’aime découvrir aussi c’est pour cela que dans mon album, quand vous écoutez le titre comme ‘’Mon soleil ’’, ‘’Pardonne moi ’’ et ‘’même « Désolé’’,  ils ne sont pas de la rumba. Les puristes de ce style vous le diront », a déclaré le natif de Kinshasa. L’artiste ne veut pas se presser et veut laisser le temps de règne à son deuxième opus avant de dévoiler un autre qui sera inédit et diffèrent. « Il n’y a pas de prochain projet pour le moment, on est en pleine promotion de l’album ».

Apres, il y aura une suite logique qui est le générique qui accompagne l’album qui va sortir avant la fin de l’année et aura comme titre « wosso », martèle-t-il avant de conclure notre entretien par cette révélation : « L’année prochaine, je pense que je ferais un nouvel album de  10 ou 12 titres parce que je voudrais plus franchir le seuil de 15, 20 titres. Quand vous faites ce genre d’opus, ce n’est pas toutes les chansons qui sont écoutées directement. Nous préparons aussi l’album des musiciens du groupe », a lâché La Pulga de la musique congolaise.

Par DAVID KASI

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