Barajie Mokonzi veut rallumer la flamme de l’événementiel congolais

Barajie Mokonzi veut rallumer la flamme de l’événementiel congolais

Chef Executif Office (Ceo) de l’agence de management d’artistes et événementielle « Le Bailleur », Makwanza Etimi Nehemie AKA Barajie Mokonzi, a fait de ce secteur sa spécialité. Arts.cd braque ses projecteurs sur ce jeune manager qui compte marquer l’événementiel congolais avec des projets novateurs.

L’événementiel congolais, avec les tensions politiques congolaises, est-ce un secteur rassurant ?

 Les tensions politiques nous font vraiment défaut. Savez-vous qu’il y a des artistes qui ne savent pas venir  en RDC parce que les informations diffusées sur les réseaux sociaux sont brulantes. Par exemple au mois de décembre dernier, on a signé Damso pour un concert à Kinshasa au mois de décembre 2016 mais il n’a pas pu faire le déplacement vu qu’il y avait des tensions. Il y a beaucoup de soucis  de ce coté-là. Et, nous avons perdu plusieurs partenaires  qui pouvaient mettre l’argent en jeu pour faire venir les artistes de renoms. Si la situation politique redevient normal, l’événementiel en RDC est un secteur très rentable.

Mais la situation risque de perdurer, vous ne craignez pas de l’avenir sombre de ce secteur ?

Il nous arrive de perdre nos investissements. Mais nous gagnons beaucoup plus en notoriété. Niska, par exemple, nous avons gardé de très bonnes relations après notre show-case manqué. Et, nous sommes invités à sa prochaine tournée en Afrique. Ce sont juste des investissements à long terme. Nous espérons que tout ira mieux un jour.

Que faites-vous pour enrôler les artistes dans votre label ?

J’écoute beaucoup les œuvres des artistes. Je suis souvent dans les endroits branché de Kinshasa. Je prends le temps de suivre les chansons. Et voilà. Maintenant, je suis avec Gaz Fabilous que j’ai découvert à  l’aéroport de Turquie où j’étais le jour de la finale de la RDC au Chan-Rwanda. Vu qu’il n’était pas connu, c’était très difficile de l’avoir mais l’on a cherché et puis on a discuté le contrat managérial. Voilà, il est avec nous. Le problème avec nos artistes ici quand vous êtes son manager, vous devenez comme son père : c’est toi qui paye son loyer, ses habits, tu assure tout parfois plus que le producteur. On essaye de faire avec, parce qu’on se dit ce sont des pépites qui ont du talent avec le temps ça va aller. On y croit. Vu que nous avons une notoriété, certains artistes nous envoient leurs chansons. Il y a récemment une artiste Annabelle (ancienne de Vodacom Best of the best), qui m’a convaincu avec sa voix. Le label était à la recherche d’une voix féminine pour créer l’équilibre, voilà, elle sera avec nous chez « Le Bailleur ».

Quel genre de contrat vous signez avec vos artistes ?

 Ça dépend d’un artiste à un autre. Par exemple, avec Gaz Fabilous ; nous avons signé un contrat managérial et de production pour 4 ans. Il est stipulé que mon label doit faire en sorte de lui trouver des contrats de production et de prestation. A la fin, on se partage le gain en termes de pourcentage. Bref, notre travail est de le vendre comme produit.

Est-ce que vous enregistrez vos artistes à la SOCODA ?

Non. Parce que selon mes enquêtes personnelles, je n’ai pas trouvé important de l’enregistrer tout simplement,  parce que cette entité est moins sérieuse. Même quand ses affiliés surplace sont payés, il n’y a aucun tableau pour justifier. Cela n’est pas juste. Pour faire simple, c’est  notre filiale en Hollande qui s’en occupe. D’ailleurs, nous venons de gagner un peu d’argent avec plus de 50 mille sur Youtube.

Quels sont les moyens mis en place pour agrandir la structure ?

Pour le moment, dans le label, nous avons Gaz Fabilous, Dj Dalkazar, Dj Abdoul et Anabelle. Notre équipe est en train de mettre en place un site internet pour permettre aux artistes de poster leurs chansons pour l’audition. Et les meilleurs seront retenus pour un entretien approfondi avant peut-être un contrat. Jusque-là, c’est ce qui est prévu.

Quels sont vos projets ?

Le plus grand projet que je travaille maintenant, c’est Kin Run Moov And Chill (Kin RMC). Le football prend de l’ampleur de plus en plus dans notre pays. Même les filles sont aussi concernées par ce sport. Je vais jouer sur ce secteur là.  Ça sera une marche qui va se terminer par un concert. Sa particularité que les fans du Real et du Barça seront en maillot de leurs équipes. Les marcheurs auront le bonheur de marcher avec leurs artistes et stars de football préférés à Kinshasa. Déjà, nous avons conclu avec Youssuf Mulumbu, Chancel Mbemba, Cedrick Bakambu, Niska… il y a aura aussi des joueurs nationaux et à la fin, l’activité sera clôturé par un gros concert avec des prix à gagner notamment l’élection d’un ambassadeur du Réal de Madrid et du Barcelone FC pour la RDC afin d’aller en Espagne suivre quelques matches de leurs équipes.

Perspectives

Nous comptons organiser plusieurs concerts dans la ville pour promouvoir les jeunes artistes. Une tournée universitaire, scolaire, des grands concerts populaires. Le secteur événementiel est rentable mais malheureusement les gens ne misent plus. On veut justement rallumer cette flamme.

Nous avons une chance d’avoir la musique congolaise. Il n’y a pas Trace Maroc ou Sénégal,… mais nous nous avons Trace Kitoko, notre fenêtre sur la scène internationale,  juste pour dire que cette musique congolaise pèse sur le plan international.

Onassis Mutombo

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