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Combattants VS musiciens congolais : A quand la levée des verrous ?

Une marche des combattants ph. tiers

Paris et Londres constituent la plaque tournante de l’industrie musicale et du management culturel. On peut atterrir à Paris avec une maquette en poche et revenir à Kinshasa avec des billets de banques et des contrats signés.

Fally Ipupa a su tirer son épingle du jeu en multipliant des prestations en solo dans des clubs de toute l’Europe et d’Amérique du Nord. Une gymnastique que ne peuvent se permettre les JB, Werra et Manda Chante, qui demeurent dans le format orchestre ou rien. Ainsi, près de 5 ans sans prester dans l’espace Schengen, les musiciens  congolais ainsi que le secteur de la culture et arts de la RDC sont très fortement touchés.

Ainsi, interdire les prestations de nos frères de la diaspora à Kinshasa : Les combattants auront damé les pions à l’État congolais à ce sujet. Cela peut s’avérer inutile tant les résultats ne seront pas ceux espérés :

  1. Ces musiciens ne sont plus très congolais et le sort de la RDC ne les préoccupe pas toujours ;
  2. Ils n’ont aucun contact avec les combattants ;
  3. Ils ne sont pas tous des leaders d’opinions dans les milieux congolais à l’étranger ;
  4. Les combattants ne seront pas du tout touchés par cette interdiction ;
  5. La carrière de ces musiciens ne connaîtra pas un coup d’autant plus que ce ne sera pas un boycott du public mais des autorités congolaises, mais surtout parce que Kinshasa n’est pas une ville qui influence le reste du monde comme ce fut le cas vers les années 80 ;
  6. Il y a des gros risques que les fans de Dadju, Hiro, Youssoupha, Gims, Naza… à Kinshasa montent au créneau pour dénoncer cette initiative en lieu et place de l’appuyer ;

Lire aussi:  « Les combattants ont des raisons que eux-mêmes maitrisent (…) »

J’estime que le travail, même 5 ans après, devrait être effectué par les ambassadeurs de la RDC dans les pays européens; le Ministre de la culture, les managers culturels et leaders d’opinions de la diaspora pour calmer la situation.

Le Trésor public ne gagne plus grand chose des sorties de nos musiciens, si on doit lui interdire d’enregistrer des recettes culturelles qui viennent vers lui, ainsi l’État perd tout.

Le souci historique

La musique congolaise est intimement liée à son exportation.  Et depuis les années Rochereau, l’exportation de notre musique est restée attachée aux productions scéniques extérieures.

Au sortir de l’indépendance, nous étions la musique de l’Afrique. D’où, les autres africains résidant en RDC et ceux qui côtoyaient les milieux congolais d’Europe ont ramené notre musique chez eux. Cela justifie la grande notoriété de cette dernière en Afrique jusqu’à ce jour.

Illustration: Abeti Masikini quoique populaire au Zaïre, a dû bénéficier du management de  monsieur Akwesson du Togo pour exporter notre musique, son zénith en 1986 a bonifié tout le packaging. Papa Wemba est devenu populaire à l’étranger grâce à son exil musical de la fin 80 et son attachement à Peter Gabriel. Koffi Olomide est le symbole de la popularité par les productions scéniques. Même Fally Ipupa n’a pas été cherché à Kinshasa. Après Droit chemin, Fally Ipupa n’est pas resté un mois sans bouger. Il a sillonné le monde en quête de reconnaissance, connaissance et d’appropriation.

En termes de travail, la musique Ouestaf et maghrébine sont nos principales concurrentes (conception, orchestration). La musique nigériane était symbolisée par Fela Kuti qui avait un orchestre de plus de 20 musiciens. Les Davido et autres s’en remettent aux platines de Dj et à la console des ingénieurs de sons. Ils bénéficient cependant d’un gros apport de la langue anglaise qui est la plus parlée au monde et sont soutenus par l’Angleterre, ancienne métropole.

Le mal congolais est culturellement profond

Les musiciens congolais comme tous les acteurs culturels  ne sont pas soutenus vraisemblablement par la Belgique ou la France, qui estiment que notre culture ne transporte pas assez les valeurs francophones.

Mais ce n’est pas tellement le travail. Nous avons des grands bosseurs, qui faute de management nécessaire, se réfugient derrière les productions à l’étranger et surtout les « Mabanga ». La série télévisée Mpangiami, tournée en Rdc par des congolais, peut facilement rafler la palme au Fespaco. Le travail est là. Et à ce sujet, nous ne devons pas considérer les nigérians comme des exemples. Cependant, le mal congolais est culturellement  profond.

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