« Democracy Talk Kinshasa » : L’emploi en RDCongo, pour quel bilan ?

Claudine Ndusi, Ministre de ETPS, Mme Monane du BIT, Guy Nkoko de CSC et Mme Mianda de la Sodeico ph. arts.cd

Claudine Ndusi, Ministre de ETPS, Mme Monane du BIT, Guy Nkoko de CSC et Mme Mianda de la Sodeico ph. arts.cd

L’Ambassadeur de la Suède a organisé un forum d’échange en sa résidence, mettant autour d’une même table les syndicalistes de l’administration publique, le secteur privé et la ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale. C’était dans le cadre du programme « Democracy Talk Kinshasa » le 4 mai 2022.

Présents au rendez-vous, des cadres suédois visiblement heureux de suivre le débat dans le domaine de l’emploi en RD Congo ont donné le go, présentant la vie syndicale en Suède notamment les Syndicats éducatifs des travailleurs de ce pays. La discussion en panel s’est déroulée sous le thème : « les droits humains et syndicaux et le dialogue social sur le marché du travail ». Après quoi, la parole a été donnée à la Ministre de l’Emploi, Travail et Prévoyance sociale, Claudine Ndusi. A sa suite, Guy Nkoko de la confédération syndicale du Congo et Madame Somano du Bureau international du Travail (BIT).

Evoquant les priorités du gouvernement congolais pour encourager le dialogue social, la Ministre l’Emploi : « le Ministère du travail et prévoyance sociale est un cadre idéal pour la démocratie. Le monde du travail est lié indissolublement à la démocratie. Ce cadre réunit les employés, les employeurs et le gouvernement pour encourager la démocratie dans le monde du travail. Il existe des textes légaux sur le plan international qui régissent le travail. En RD Congo, la Constitution et le code du travail organisent le syndicat. A ce jour, 80 % de la population active est dans le secteur informel en RD Congo», a souligné Claudine Ndusi, Ministre de l’Emploi. Et d’ajouter que tout le pays n’a que 280 contrôleurs et inspecteur du travail. D’où la priorité dans ce secteur est le recrutement, la formation et le déploiement. « La démocratie ne peut être applicable que si les règles dans le monde du travail sont respectées », a-t-elle renchéri.

A l’heure du jeu des questions-réponses, les langues se sont déliées. Une préoccupation voulant savoir le bilan, après une année de gestion du gouvernement (26 avril 2021-26 avril 2022), en termes des statistiques, l’état de lieu du secteur de l’emploi en RD Congo et Quelles sont les projections chiffrées pour cette année 2022. A ce sujet, la Ministre de l’emploi, travail et prévoyance sociale de réagir :  

« Au Ministère de l’emploi, qu’est-ce que j’ai trouvé, qu’est-ce que j’ai déjà réalisé. Je vous recommande de suivre une émission qui passe souvent « Le droit de recevabilité ». Là, pour ne pas buser du temps des autres, je réponds souvent sur ce qui a été réalisé par rapport à une autre de notre présence au niveau du Ministère de l’Emploi. Franchement, je devrais demander l’autorisation de tous les participants pour commencer à détailler mes actions. Ce qui est vrai, il y a beaucoup de choses à faire et je le dis devant les représentants des employés et travailleurs, nous devons bâtir ensemble l’avenir du travail en RDC, tout comme partout ailleurs, n’est pas défini d’avance. Ce sont des circonstances que nous devons chaque fois affronter comme la pandémie à covid19. Actuellement, il y a d’autres perturbations dues à la guerre à l’Ukraine, qui affectent nos économies fragiles. Donc, il y a des choses que nous faisons réellement. Je vous recommande de passer au Ministère pour voir notre cellule de communication  pour plus de détails et pour que je ne pas fasse ma publicité devant l’assemblée ici présente. Vous aurez suffisamment de réponses qui vont vous édifier », a déclaré confusément la ministre.

Contacté comme l’avait recommandé la ministre, la  dame préposée à la cellule de communication du MINETPS a récusé ! Après avoir plusieurs fois zappé les messages, elle s’est contentée d’envoyer un article qui présente des imprécisions.

Télétravail non reconnu par le code du travail en RDCongo !

Madame Mianda de la Sodeico a évoqué, quant à elle, la situation de la Covid-19 avec son lot de problèmes notamment le télétravail qui n’est pas reconnu dans le code du travail congolais. « Le regard du mouvement syndical a changé dans le secteur privé. Actuellement, il est vu véritablement comme un partenaire  non pas comme une ennemie ».

A côté, Madame Somano du Bureau international du Travail, reste convaincue que quand on traite bien un travailleur, cela renforce sa productivité. Elle a milité pour que le Ministère et partenaires sociaux mettent en place le programme pour rendre l’agence travail décent en RDC.

Monsieur Guy NKoko de la confédération  intersyndicale du Congo, a avoué que depuis 1960 jusqu’à ce jour, la démocratie est respectée dans les entreprises congolaises, puisqu’il y a la présence des syndicales. Toutefois, a-t-il regretté, l’irrégularité des élections de dirigeants met en mal son évolution.

Alors que le Chef de l’Etat avait confié aux Ministres « les Warriors » (de l’anglais : les guerriers), le rôle de rendre le Congo vivable dans tous les secteurs.  Mais à ce jour, le bilan de certains ministres reste flou et indéfendable même par eux-mêmes. Que peut un membre du gouvernement si déjà communiquer fait défaut ? De fil en aiguille, un autre mal persistant est le fait que les cabinets ministériels sont inondés d’hommes et de femmes jouissant de la confiance du ou de la ministre. La compétence n’est guère à l’avant-plan. Le comble, c’est qu’à la porte de sortie du gouvernement des Warriors, le Président Fatshi ne se retrouve en homme seul, avec son programme à la case-départ. Auquel cas, il lui serait donné de s’écrier comme son prédécesseur en son temps : « je n’ai pas quinze homme autour de moi ».  

Onassis Mutombo

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