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El’ Weezya, le « précurseur » de l’afrobeat à Goma !

El Weezya El Fantastico ph. Arts.cd

Ses amis l’appellent le « Prototype d’afrobeat », El Weezya Fantastikoh est un jeune artiste musicien congolais évoluant à Goma qui a séduit la région de Grands Lacs. Ce jeune artiste a échangé avec arts.cd sur sa carrière musicale dans une région influencée par des frontières congolaises à problèmes.

Racontez-nous votre histoire avec l’afro-beat ?

J’ai commencé à chanter depuis 2006, je sortais des œuvres qui n’avaient pas des promotions. A Goma, à l’époque, il y avait deux tendances : reggae et le rap ou rnb, mais moi je faisais aussi le rap mais j’aime bien chanter. En moi, j’ai toujours gardé un conseil qui dit que « Il faut apporter quelque chose de nouveau dans cette vie ». Avec la vague de P-Square, j’ai crée un style qui fait la symbiose des styles congolais et nigérians. Et c’est l’actuel afro-beat.

C’est ainsi qu’en 2010, j’ai sorti, « Tashingay », ma première chanson afro-beat puisqu’avant il n’y en avait pas. D’ailleurs ici, on m’appelle « le prototype d’afro-beat congolais ». Et c’était parti. Arrivé vers 2014, les gens ont pris goût de l’afro-beat. En 2015, Innocent Balume l’a aussi compris en sortant son tube « Pola » qui a cartonné. Et avec la télévision Trace, ce courant de musique a pris de l’ampleur. C’est vers la fin 2015 que j’ai sorti « 3X Sweety ». Cette chanson fait parti de mon identité et m’a défini comme artiste. C’est une chanson à tendance mariage ou fête.

Arrivez-vous à gagner votre vie grâce à la musique ?

Je dirai oui. C’est à partir de 2015 que j’ai senti les retombées. Avec la chanson « 3X Sweety », il y a eu beaucoup de personnes qui ont demandé des remixes et m’ont invités dans leurs fêtes de mariage. J’ai commencé avoir le cachet qui gonfler. La chanson« Djawala » a suivi. J’ai commencé à faire des tournées; Beni Butembo, Kasini, Bunia, Kisangani. En 2017, nous étions choisis pour jouer avec Indepeneance-Day aux côtés de plusieurs artistes internationaux. On devient régional petit à petit.

« Les médias de Kin ne nous accordent pas assez d’espace… »

 La musique de Goma a tendance à emprunter des rythmes de la région des grands Lacs, sentez-vous abandonner par Kinshasa ?

Oui, effectivement. Mais la faute n’est pas à Kinshasa. Plutôt, le Congo est grand. Il y a une diversité des cultures et de genres musicaux. Nous ici, sommes dans les rythmes comme afrobeat, et à Kinshasa, c’est la ndombolo et la rumba. Donc le Congo est assez grand, je le dit aussi à mon frère Fabregas qui m’a posé cette question en 2016. Je lui ai dit que les gens ici connaissent la rumba et le ndombolo chanté en français et lingala puisque Kinshasa est le miroir. Par contre, à Goma, nous chantons en swahili et anglais puisqu’on est plus influencé par le Kenya, l’Ouganda, le Rwanda, les tendances Anglo-saxons. Facilement, ma musique être joué à Kin, les gens peuvent dire que c’est un nigérian ou un ghanéen, comme me l’a dit une fois le journaliste de Télé 50, Fanfan Nsumpi. Généralement la tendance est de dire que la musique du Congo est la rumba ou ndombolo. Pendant ce temps, nous sommes nés avec la tendance urbaine, c’est-à-dire anglo-saxon. On n’est pas abandonné par Kinshasa mais également oui. Puisque la capitale ne fait pas la promotion des artistes des autres régions. Les médias de Kin ne nous accordent pas assez d’espace. C’est aussi ça le problème. C’est un défi à relever.

Comment arrivez-vous à protéger vos œuvres ?

Notre pays, la RDC, a un système décentralisé jusqu’à un certain niveau. Il y a toutes les structures qui cadrent avec la musique dans notre province ; censure, droit d’auteurs…. on le fait localement.

Et comment faites-vous pour avoir une carte d’artiste ?

Nous avons des cartes d’artistes mais qui restent provinciales avec courtes durée de validité.  Pour être appelé artiste « légalement » reconnue, il faut avoir une carte nationale. Et pour l’avoir il faut aller à Kinshasa. Il faut énormément dépenser. Bref, on a des cartes qui n’ont pas assez d’impact.

« La guerre devient presque le slogan de la musique de l’Est! « 

Vous évoluez dans une région où il y a le conflit, pourquoi la politique n’intéresse pas vos compositions ?

Je n’aime pas trop m’intéresser à la politique dans mes chansons. Je ne suis pas artiste de tendance engagé. J’aime bien chanter l’amour, j’aime bien faire oublier qu’il y a eu des problèmes. Puisque que depuis longtemps plusieurs artistes d’ici chantent la guerre, le viol des femmes, … On nous le rappelle chaque jour, ça devient presque le slogan de la musique dans l’Est de la RDC. A un moment , les gens aussi besoin d’oublier, d’aller en boîte ou de se sentir au même pied d’égalité que les gens des autres villes du monde. La plus belle femme du monde ne donne que ce qu’elle a. Moi, je ne peux donner que cette musique là. La personne qui a été traumatisé, qu’elle ait au moins l’espoir de vivre dans les 3 minutes de ma chanson. J’ai récemment organisé une tournée dénommé  « Béni 3X Polé » pour compatir avec la population de cette contrée. fais deux concerts à Beni. J’avais besoin d’aller de palper moi-même la réalité.

Perspectives

Là, maintenant je suis entrain de préparer quelques collaborations avec des artistes congolais et non congolais. Les gens vont bientôt avoir mes œuvres partout. Nous sommes entrain de monter des stratégies pour attaquer aussi Kinshasa.

Onassis Mutombo

Suivre sur l’artiste sur YouTube 

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