« La journée de l’écrivain africain devra être un jour de réflexion pour la littérature congolaise  » (Isidore Ndaywel)

« La journée de l’écrivain africain devra être un jour de réflexion pour la littérature congolaise  » (Isidore Ndaywel)

Comme chaque année, le 8 novembre, la journée de l’écrivain africain a été célébrée sur le continent. L’édition 2021 commémorée lundi dernier, l’a été cette fois par le panel qui accompagne la mandature de la République Démocratique du Congo à la présidence de l’Union africaine sous le thème: « le Congo et l’Afrique dans la littérature contemporaine » au musée national à Kinshasa dans la commune de Lingwala.

La cérémonie a été marquée par trois temps forts. Notamment, le mot de bienvenue par le coordonnateur du Panel, l’allocution du Représentant de l’Unesco ainsi que le discours de circonstance de la représentante spéciale du président de la commission de l’Union africaine; la table ronde et le débat suivi de quatre exposés : le premier par le professeur Emmanuel Mateso qui s’est étalé sur les sources d’une imâmologie congolaise, le second par le professeur Masegabio Nzanzu, sur « Penser et écrire » le Congo et l’Afrique dans l’Afrique contemporaine. Le troisième sur la littérature congolaise au féminin : enjeux et défis, a été présenté par Elisabeth Mweya Tol’Ande et, enfin le quatrième du professeur Isidore Ndaywel a exploité la question relative aux défis de l’Union Africaine sous le thème : « Que peut faire la littérature congolaise ? »

Toutes ces interventions ont été suivies d’intermèdes musicaux et la lecture des textes et poèmes des auteurs congolais.
Le grand moment de cette journée a été aussi la proclamation des dix ouvrages présélectionnés pour le grand prix Congolais du livre. A ce niveau, le jury a affirmé avoir fait beaucoup plus d’heureux que de malheureux. L’équipe de ces experts était dirigée par Elisabeth Mweya Tol’Ande, présidente du comité d’organisation, accompagnée du vice-président, le professeur Gabriel Sumayili, du professeur abe et du secrétaire général et président des associations des écrivains du Congo ainsi de Christian Ngombo et Christelle Ngoyi, présidente des jeunes écrivains du Congo comme membres.

Sur les candidatures reçues et qui seront transmis à un jury indépendant qui va dévoiler le meilleur livre congolais de l’année, les ouvrages sont classés en deux catégories, à savoir, la fiction et l’essai. Sur les vingt six livres reçus dans la catégorie fiction, cinq ont été retenus dont « l’ancien, l’intègre et l’étranger » de Rais Ntinabawu de Kinshasa,  » Makila » d’Elvis Ntambwa Mampuele résidant en France, avec le titre « Makila », « Bwanya » de Babi Mabanga de Kinshasa, « Rendez-vous » de Sosthène Moba Kawene de Kinshasa, enfin, « I am sorry » de Lilia Bangi basée à Bruxelles.
Quant à la catégorie, Essai, sur quatorze livres présentés, cinq ont été retenus dont celui de Remy Ngongu vivant aux Etats unis avec le titre « Le congolais idéal », Loncha Kadima de Kinshasa avec « moins responsable », Richard Ebombo Bolika de Kinshasa, avec « Vita Imana, un frein au développement du football en RDC », enfin Patrick Kitenge de kinshasa avec « un africaniste ».

Le professeur Ndaywel a terminé le jeu des questions-réponses par s’adresser aux jeunes en ces termes : « on fait les grandes réalisations quand on est jeune. Car un bon jeune est celui qui se croit déjà adulte. Et lorsqu’on commence à se réclamer toutes les fois : ‘Nous les jeunes, nous les jeunes’, généralement ce qu’on n’est pas tout à fait jeune. Et concernant la misère des congolais, retenez que c’est dans la crise que naissent des grands hommes et des grandes dames, la question qu’on se pose est de savoir si la crise congolaise peut produire ces grands Hommes. On se demande si la crise n’est pas crise, alors il y a émergence des grandeurs dans une société en ce moment, et je pense que ça existe.

Et soyons sensibles au repérage des grandeurs parmi nous qui naissent à cause de cette crise, qui seront demain les signes de l’espérance pour la littérature congolaise », a-t-il exhorté avant
de renchérir : « nous devons saisir une journée comme celle-ci, cette journée qui doit devenir un temps de réflexion pour nos jeunes écrivains, de remise de prix s’il y en a, surtout pour tous ceux qui s’intéressent à la littérature. Et à travers la presse présente, j’adresse mes remerciements à tout le monde », a conclut le Prof Ndaywel.

Valentin Kalenga.

%d blogueurs aiment cette page :