Maman Shako accepte et regrette l’amateurisme du théâtre congolais

Maman Shako accepte et regrette l’amateurisme du théâtre congolais

Voulant devenir hôtesse de l’air, Jackie SHAKO DIALA ANAHENGO,  « Maman Shako », s’est retrouvé à ce jour comme une icône dans la télé dramatique (théâtre) en RDC avec 60 ans d’âge et 45 années de métier, cette comédienne raconte son histoire dans cet entretien avec Jordache Diala:

Maman SHAKO : Mes débuts dans le théâtre remontent dans les années 1972.  J’avais 14 ans lorsque j’accompagnais mon défunt cousin et comédien Inga à ses répétitions au groupe Mawazo. Cette troupe était comme l’orchestre Zaïko Langa Langa, qui a fait naitre beaucoup de groupes. Moi, je suis arrivé à Mawazo après le départ d’Arthur Nyemba, Musthapa et Mutombo Buisthi. La troupe Mawazo devait produire un spectacle à l’UPN. Malheureusement, une actrice du nom de Mélanie est tombée malade deux jours avant. A l’époque, peu des femmes faisaient ce métier. C’était plus pour celles des familles intellectuelles et pour les universitaires. Lors des répétitions, je répétais souvent les rôles des gens et beaucoup plus celui de Mélanie. Alors,Muyuyu a proposé que je puisse la remplacer. On m’a alors testé et tout le monde était d’accord que j’interprétais mieux qu’elle. Je suis allé à l’insu de mes parents, en complicité avec Inga. J’avais très bien joué au point que les étudiants de l’UPN m’ont transportée sur leurs épaules à la fin du spectacle. J’étais très fière de moi et c’est ce qui m’avait motivé de faire l’art dramatique jusqu’aujourd’hui dans le cinéma.

Que serait maman Shako si elle n’avait pas embrassé l’art dramatique ?

MS : Mon ambition était d’être hôtesse de l’air. Je n’avais jamais pensé que le théâtre pouvait devenir ma profession. La passion est venue après quelques temps. Malgré les difficultés, je n’ai jamais eu envie d’abandonner le théâtre. Je suis très fière de mon parcours durant 45 ans de carrière. D’ailleurs, je crois que je ne suis pas une inconnue. C’est l’essentiel, même si le pays ne nous soutient pas. Bien que le métier ne soit pas trop rentable au Congoje suis toutefois heureuse d’être célèbre. Le théâtre m’a ouvert beaucoup de portes dans la vie». J’ai reçu tant des médailles de mérite au pays, mais pas d’argent.

On vous reproche d’amateurisme dans vos films par rapport aux nigérians. Comment réagissez-vous ?

MS : Je leur donne raison parce ce que nous ne sommes pas soutenus. On n’a pas vraiment de moyens financiers et techniques comme les nigérians avec lesquels vous faites toujours allusion, mieux la comparaison. A l’heure où nous sommes passés du théâtre au cinéma, ce n’est pas facile. Le théâtre sur scène est très différent de ce que nous réalisons dans les rues. Aujourd’hui, nous faisons pratiquement des films qui exigent beaucoup de matériels de qualité, de sponsors et surtout de  réalisateurs professionnels. Si tu n’as pas tous ces moyens, tu feras du n’importe quoi. Par contre, les nigérians arrivent à réunir toutes les conditions nécessaires parce qu’ils sont soutenus. Vous pouvez sentir du bruit dans nos films parce que nous manquons des moyens pour aller au studio. Alors qu’eux vont dans le studio moderne…

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