mercredi, juillet 24
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Tous derrière les FARDC

«Tervuren rends-moi mes sculptures ! », (Balufu Kanyinda)

Quand un a été volé, tout a été volé. Quand un a été pris au bout du fusil, tout a été pris dans le sang. Quand l’un a été amené en captivité muséale dans la cale d’un bateau, tout doit rentrer par bateau…
Le voleur cherche les échappatoires, mais tout le monde sait déjà qu’il a commis des crimes horribles pour voler. Quelle que soit la longueur de la nuit, l’aube finit par éclore… Maintenant les enfants du lion racontent l’histoire du voleur…

En 1969, dans son célèbre recueil de poèmes, « Réveil dans un nid de flammes », publié chez Seghers, à Paris, Matala Mukadi Tshiakatumba réclame les trésors de son héritage culturel, subtilisés par la ruse. L’un des plus grands poètes de tous les Congo et de l’Afrique adjure le Musée royal de l’Afrique centrale, dit musée de Tervuren, de restituer les œuvres spoliées aux siens (aux nôtres) :

« Tervuren rends-moi mes sculptures.
Tervuren rends-moi mes boucliers et carquois
Tervuren rends-moi mon shongo [couteau de jet]
Tervuren rends-moi ma flûte de Pan
Tervuren rends-moi mes raphias
Tervuren rends-moi l’handa ma croix de cuivre
Tervuren rends-moi mon folklore !
Comment as-tu gardé dans ton enceinte, ces objets qu’à Tshikala Mukendi on disait abjects ? de ce rapt le grand-père mourut.
Tervuren sans rancune je réclame mon héritage. »

Il y a dans ce poème un cri, le cri comme un kasala d’un bel oiseau nyctalope, qui sait voir du détail dans un grain de sable au creux d’une nuit profonde, il y a une part des questions qui sous-tendent la conversation en cours. La force d’un poète c’est de lancer un cri qui transcende les temps et les lieux. C’est aussi cela la force puissante de tout art véritable.

Balufu Kanyinda / Facebook.com

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