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ARTS VISUELS

«Grand prêtre mère», une série de photos de la femme de valeurs de Do Nsoseme !

Photographe et poétesse, Do Nsoseme a emprunté l’expression «Grand Prêtre Mère» au jargon kinois en l’attribuant à sa série de cinq photos de dames photographiées en costume. Au micro de Courrier de Kinshasa, elle montre la grandeur, respect et considération de ces femmes, dont les petits commerces font vivre les foyers. La photographe partage le […]

«Grand prêtre mère», une série de photos de la femme de valeurs  de Do Nsoseme !
Série « Grand Prêtre mère » ph. Do

Photographe et poétesse, Do Nsoseme a emprunté l’expression «Grand Prêtre Mère» au jargon kinois en l’attribuant à sa série de cinq photos de dames photographiées en costume.

Au micro de Courrier de Kinshasa, elle montre la grandeur, respect et considération de ces femmes, dont les petits commerces font vivre les foyers. La photographe partage le constat que le port vestimentaire d’une personne contribue à l’identité ou la qualité qu’on lui confère. Pris à témoin, son objectif a permis de mettre en avant cet autre genre de « Grand Prêtre Mère » que l’on devrait valoriser à sa juste valeur dans la société.

« Grand Prêtre Mère est un projet photographique qui questionne la relation entre le vêtement et l’identité de la femme. Il a été réalisé dans le cadre du projet d’exposition « Kinshasa 2050 : les femmes d’abord », initié par l’Institut français de Kinshasa et le Goethe-Institut de Kinshasa en 2018. À Kinshasa, comme dans la plupart des villes, les gens sont jugés à leur apparence. La notion d’apparence se rapporte très souvent à ce que l’on porte comme vêtement, ce que l’on exhibe comme accessoires pour accompagner sa tenue. La personne qui regarde une tenue, attribue à celle qui la porte une identité ou une qualité », explique Do Nsoseme dans cet entretien.

« Grand Prêtre mère », série de Do Nsoseme

Elle indique que :

« Dans une agglomération telle que Kinshasa où plusieurs foyers survivent grâce à l’apport des femmes sans que celles-ci soient reconnues à leur juste valeur, je me questionne sur la relation entre le vêtement et l’identité de la femme. Le vêtement n’est pas qu’une simple protection ou une manière d’embellir le corps, il a également une valeur culturelle et idéologique. Chaque société l’insère dans son système de valeur et le consacre comme réservé à certains groupes, pour quelques sortes de vêtements. Le costume est un vêtement d’homme imposant un certain respect pour celui qui le porte. En convaincant des femmes qui travaillent dans l’informel de porter des costumes empruntés à leurs maris pour se rendre à leurs occupations respectives et à poser face à mon objectif dans leur environnement quotidien, je questionne la liberté de costume et les valeurs culturelles, idéologiques et consacrées du vêtement, imaginant une société libérée des carcans vestimentaires ».

Evoquant le titre « Grand prêtre mère », elle souligne que Grand Prêtre Mère dans le jargon kinois signifie femme chef, femme riche, patronne,…

« C’est en tout cas un titre que les jeunes donnent à des femmes fortunées et qui ont, selon eux, de la valeur dans la société. Ce terme est également utilisé pour désigner la femme légitime d’un homme, par opposition à la concubine », se justifie-t-elle.

Sa motivation était tirée de la grande question : comment montrer aux gens de ma société et au monde entier que les femmes, ces Congolaises, apportent beaucoup à leur foyer et à la société à travers leurs efforts au quotidien ? Comment faire pour qu’elles deviennent visibles aux yeux de tous ?

Onassis Mutombo