CAC | Dialogue sur la réfondation de l’État : les artistes veulent passer du rôle de spectateurs à celui d’acteurs

« Que pouvons-nous, nous artistes et professionnels de la culture, apporter à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État ? » C’est autour de cette interrogation que le Collectif des Artistes et des Culturels (CAC) a placé sa journée de réflexion consacrée au thème : « L’apport des artistes à la paix, à la cohésion nationale et à la refondation de l’État ».
Cette journée de réflexion qui s’est tenue mardi dernier au Centre culturel congolais le zoo (CZoo) a réuni autour d’une table des éminentes personnalités culturelles de la RDCongo.
“Initiée par le Collectif des Artistes et Culturels (CAC), la structure phare de la société civile de cet écosystème, cette journée a posé des bases d’une participation des cultu…
Arts.cd · LIBRE OPINION
Initiée par le Collectif des Artistes et Culturels (CAC), la structure phare de la société civile de cet écosystème, cette journée a posé des bases d’une participation des culturels congolais au dialogue national voulu par le Chef de l’état , Félix Tshisekedi.
Dans un contexte national marqué par l’appel au Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, le CAC entend positionner les artistes non plus seulement comme des bénéficiaires des politiques publiques, mais comme de véritables forces vives et contributeurs à la construction nationale. Une ambition portée à l’ouverture de cette journée par Roch Bokabela Bodo, Coordonnateur du CAC.
« Nous ne voulons pas seulement être entendus. Nous voulons être utiles. Nous ne voulons pas seulement dénoncer les problèmes. Nous voulons proposer des solutions. »
Pour le Coordonnateur du CAC, l’artiste dépasse largement la fonction de divertissement. Chanson, théâtre, cinéma, littérature, danse, arts plastiques ou caricature peuvent devenir autant d’outils capables de toucher les consciences, de rapprocher les communautés et de transformer les blessures collectives en mémoire. Dans un pays marqué par les divisions et les violences, la culture peut ainsi contribuer à reconstruire les liens sociaux et à promouvoir le dialogue, la tolérance et le vivre-ensemble.
De l’artiste témoin à l’artiste acteur de la Nation

Le CAC plaide notamment pour des campagnes artistiques en faveur de la paix, des créations contre les discours de haine, des programmes d’éducation citoyenne par l’art, des œuvres consacrées à la mémoire et à la réconciliation, ainsi que des initiatives culturelles dans les provinces. L’idée d’un Programme national des artistes pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État figure également parmi les pistes avancées.
« La refondation de l’État ne se fera pas uniquement dans les institutions. Elle doit également se faire dans les consciences. », a martelé Roch Bokabela Bodo.
Une conviction qui place la culture au cœur de la transformation de la société. Pour le CAC, aucune réforme institutionnelle ne peut produire durablement ses effets sans une évolution du rapport du citoyen à la Nation, à la loi, à la chose publique et à son prochain.
Le monde culturel mobilisé à jouer un rôle d’acteur de premier plan
Cette journée de réflexion a également été marquée par la participation de plusieurs personnalités éminentes du paysage culturel et artistique congolais, parmi lesquelles Marie Madeilene Ndundu, l’artiste Blaise Bula, Valentin Mitendo, professeur Professeur Henry Bundjoko, l’artiste Ngalufar, ainsi que plusieurs professionnels et acteurs du secteur culturel. Leur présence témoigne de l’intérêt croissant du monde artistique pour les grands enjeux qui traversent la société congolaise.
Mais le CAC n’élude pas la question de la précarité des artistes. Difficile, selon le collectif, d’exiger de ces derniers une contribution durable à la construction nationale sans améliorer leurs conditions d’exercice. La mise en œuvre effective de la politique culturelle, du Statut de l’artiste, la réforme de la gestion collective des droits d’auteur et la professionnalisation du secteur sont présentées comme des conditions essentielles à cette nouvelle responsabilité.
« L’artiste n’est pas en marge de la Nation. L’artiste est une force de la Nation. Et la culture n’est pas un supplément que l’on ajoute lorsque tout le reste est réglé. »
À travers cette journée, le CAC veut donc transformer la réflexion en propositions concrètes et inscrire les artistes dans une dynamique de responsabilité citoyenne. Une démarche qui résume une nouvelle ambition : mettre la créativité au service de la paix, le talent au service de la cohésion et l’art au service de la construction d’un Congo plus uni.
Onassis Mutombo Mulopwe
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