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LIBRE OPINION

La colonisation, l’amour derrière le fouet

Pendant la colonisation il n’y avait pas que le fouet, instrument de soumission des Congolais, qui était le symbole visible de la brutalité du régime colonial. Derrière cette réalité se cachait tout un monde secret fait de liaisons amoureuses furtives entre Blancs et Noirs, plutôt entre hommes Blancs et femmes Congolaises. Ces rapports étaient de […]

La colonisation, l’amour derrière le fouet

Pendant la colonisation il n’y avait pas que le fouet, instrument de soumission des Congolais, qui était le symbole visible de la brutalité du régime colonial. Derrière cette réalité se cachait tout un monde secret fait de liaisons amoureuses furtives entre Blancs et Noirs, plutôt entre hommes Blancs et femmes Congolaises. Ces rapports étaient de notoriété publique, mais personne ne voulait en parler comme s’ils étaient frappés du sceau de la honte. Bien que le code de conduite des agents coloniaux ne les prescrivait pas de manière formelle, rien ne pouvait encourager ceux-ci à se lancer dans des aventures amoureuses avec des femmes autochtones.

Les Blancs qui venaient au Congo étaient généralement jeunes. Ils vivaient seuls dans des endroits isolés. L’ennui et le climat tropical chaud qui stimulait leur libido les poussaient à prendre des femmes noires en concubinage. Celles-ci, appelées hypocritement ménagères, vivaient sous leur toit et dans une étroite proximité avec les « boys ».
Ce qui leur permettait d’avoir une intense vie sexuelle en « noir et blanc ». Cela avait souvent de surprenantes conséquences, pas toujours agréables pour tous.
Les « boys » noirs quant à eux nourrissaient d’étranges phantasmes sexuels sur leur maitresse blanche, un sujet inaccessible. On dit qu’il y eut pourtant des audacieux qui avaient réussi à aller au fond du sujet.
Les conséquences de ces liaisons étaient assurément gênantes pour le régime colonial. La règle voulait que les enfants métissés, fruit de ces escapades, soient envoyés à la Colonie scolaire de Boma pour les garçons, ou confiés à des religieuses blanches pour les filles pour en faire des infirmières ou des religieuses à leur tour.
Les enfants qui avaient la chance d’être reconnus par leurs géniteurs partaient rejoindre ceux-ci en Belgique. Au Congo où existait un apartheid qui ne disait pas son nom la situation des Métis était difficile, voire cocasse; ils étaient écartelés entre les Blancs et les Noirs, n’étant ni tout à fait Blancs, ni non plus Noirs. Ils étaient entre les deux groupes, une situation symbolisée involontairement (?) par l’érection de leur lieu de rencontre appelé « Home des Mulâtres » au croisement de l’avenue Kasavubu et Lualaba dans la Commune de Kinshasa sur la ligne de séparation de la partie européenne de Léopoldville (Kalina, actuel Gombe) avec la Cité ou Belge occupée par les Noirs.
Les Métis belgo-congolais seront-ils un jour reconnus par leurs géniteurs? Nous espérons que l’action qu’ils ont déjà engagée à cette fin aboutira à leur avantage.

Lire la suite sur l’ouvrage « CONGOLIA ».

Ph. Illustration : « La femme blanche, sujet de tous les phantasmes sexuels des boys noirs ».
Ngimbi K.