mardi, janvier 13
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Découverte: Baba Tshikama, Prix Lokumu des Arts visuels, se dévoile

Depuis qu’il a décroché le Prix Arts visuels lors de la soirée de remise du Trophée Lokumu le samedi 20 décembre 2025, le peintre Baba Tshikama est aux anges. Le fait de voir le jury lui décerner ce prestigieux trophée, sur un répertoire de six nominés dans le domaine, le stimule de plus en plus à faire mieux, comme il le dévoile au quotidien ‘‘Forum des As’’.

«C’est un grand plaisir pour moi d’être choisi parmi les six nominés de ce trophée. Le plaisir d’être lauréat d’un grand prix d’envergure nationale…», avoue le peintre Baba Tshikama dans une confidence au journal de la 11ème Rue Limete.

Polysémique, il est à la fois peintre, chercheur, artiste visuel, ingénieur culturel, enseignant des arts… Et ce, depuis deux décennies. Plus de vingt années consacrées à peaufiner ses 5.000 œuvres qui ont, au fil du temps, revêtu une touche particulière.

Le mystère des traits

Les tableaux de Baba Tshikama sont facilement perceptibles à travers des dizaines de traits qui constituent et couvrent à la fois l’image représentée. Qu’il s’agisse d’un personnage, d’un animal, d’un objet ou d’un paysage… A travers le flou de ses multitudes de traits, l’œil inquisiteur perçoit des ombres voire une silhouette qui peu à peu devient identifiable.

«C’est qui m’a démarqué des autres concurrents, c’est la particularité de mon style, de mon discours, de mon engagement», nous explique-t-il. «Vous savez, quand on est artiste, il ne s’agit pas seulement de peindre, de se cantonner dans son espace de travail… C’est aussi question de s’ouvrir, d’aller vers les autres. Au fait, de manager son savoir-faire, sans oublier un aspect important : le savoir être», martèle Baba Tshikama.

«Il n’est pas facile de peindre un tableau en se servant exclusivement de petits traits verticaux, je vous assure. Ça me prend des heures, des jours, des semaines… Certainement, les membres du jury, les gens qui ont voté pour moi ont fait des analyses pour chercher à savoir comprendre comment je suis arrivé à représenter des images dans ce style que d’aucuns qualifient de ‘‘peinture translucide’’», estime le peintre congolais.

Un succès qui stimule

«C’est donc toute une démarche philosophique et esthétique à la fois», assure Baba Tshikama, fier de son tout premier trophée de sa carrière en deux décennies.

«Ca m’oblige à travailler davantage», nous souffle-t-il, tout en se remémorant son œuvre phare sur la rumba qu’il avait peinte et exposée au tout premier Festival mondial de la culture et du tourisme, organisée à Kinshasa à l’initiative du ministre honoraire de tourisme, Didier M’Pambia. Œuvre vendue qu’il estime être à la base de son succès.

Yves KALIKAT/Forum des As’