
L’espace culturel Mokili Na Poche, situé dans la commune de Bandalungwa, accueille l’exposition collective « Le Partage du Travail Sensible : Paysage », un projet conçu par le curateur Dereck Marouço en partenariat avec le Laboratoire Kontempo.
Pensée comme un espace de recherche et de partage, l’exposition interroge le paysage non comme simple décor, mais comme outil de connaissance, espace critique et terrain d’expérimentation collective.

Né du partagisme, un courant artistique congolais apparu en 2017 qui encourage la création d’œuvres à plusieurs mains, le projet invite à repenser la relation entre l’humain, son environnement et les formes contemporaines de création.
Le vernissage, organisé en fin novembre dernier, a marqué le lancement de cette initiative rassemblant des artistes nationaux et venus d’ailleurs autour d’œuvres récentes et de recherches approfondies.
Contribution majeure !

Les œuvres présentées revisitent la notion de paysage sous des formes variées, explorant la mémoire des lieux, les enjeux politiques et les imaginaires culturels.
Parmi les contributions majeures, CATPC expose Les plantations qui ont financé le Stedelijk Museum (2024) et Rassemblement de communautés oubliées des plantations (2025). Composées de jute de cacao, sac Makala, raphia, fil de coton coloré et tissu pagne, ces pièces rendent visible l’histoire d’espaces et de communautés longtemps marginalisés.
Le duo Mukende / Schellhammer présente Elima (apparition) (2025), une vidéo en réalité virtuelle actuellement diffusée sur l’écran publicitaire du Metro Bar à Bandalungwa, un point central du Centre Culturel de la commune. Ils exposent également Elima (2025), une peinture en réalité augmentée combinant acrylique sur tissu cousu et rembourrage en mousse. Ces œuvres établissent un pont entre art numérique, esthétique contemporaine et narration locale.
De leur côté, Renata Haar et Karim Aïnouz signent Guerre et Débauche (2017), une vidéo qui traite le paysage comme un territoire sensible, alternant entre regard documentaire et écriture poétique.
Le collectif Partagisme (Alonge Kamwanya Manuella, Kambayi Tumba Ange, Christ Mukenge, Dolet Malalu, Lydia Schellhammer, Shaggy Luamba, Dereck Marouço) propose La conciliation et réconciliation de la nature (2025), une œuvre qui réfléchit à la relation entre environnement et pratiques collaboratives.
Le duo Mara Chavez et Doris Duhennois introduit Déchoukaj / Paysages de guérison (2025), une création hybride mêlant recherche, intervention et vidéo. Leur approche considère le paysage comme un espace de reconstruction et de transformation des communautés.
Enfin, le collectif Chto Delat expose Orientation lente dans le zapatisme (2017), une vidéo multi-écrans qui interroge les dynamiques politiques et les territoires en mutation.
La diversité des démarches présentées révèle la richesse conceptuelle du projet : chaque artiste propose une lecture singulière du paysage, entre mémoire, politique, poétique et engagement collectif.
Selon Dereck Marouço, le paysage doit être envisagé comme support esthétique, espace social et champ politique, et sa représentation nécessite une construction partagée.
L’exposition bénéficie du soutien du Fonds de Projets en Arts Visuels du Goethe-Institut, qui encourage la circulation internationale des pratiques visuelles et curatoriales.
Ouverte jusqu’au 21 décembre 2025, du mardi au samedi, de 10h à 20h, au centre culturel Mokili na poche , situé dans la commune de Bandalungwa, cette exposition offre au public la possibilité de découvrir un espace de réflexion, où le paysage devient à la fois outil d’observation, médium critique et espace de partage.
« Le Partage du Travail Sensible : Paysage » s’impose comme un rendez-vous essentiel pour comprendre comment l’art collectif peut transformer nos manières de voir, de penser et d’habiter le monde, tout en réaffirmant la place centrale de Mokili Na Poche comme lieu dynamique de création et d’innovation artistique.
Gabriella MALENGO

