
Alors que les grandes manœuvres diplomatiques s’accélèrent au sein de l’Espace Francophone, une question brûle les lèvres des observateurs à Kinshasa et Paris : quelle est la stratégie réelle de la République Démocratique du Congo pour briguer le Secrétariat Général de l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF) ?. Aussi, Pourquoi Kinshasa garde le silence ? Devons-nous comprendre que ce silence est-il , lui-même, une réponse déjà ? Ou la RDC actuelle veut céder ce siège aux agresseurs de son état comme par le passé ?,…
Premier pays francophone au monde par sa population, la RDC occupe naturellement une place de pivot au sein de l’institution. Pourtant, alors que les échéances approchent, les couloirs du Palais de la Nation restent étonnamment silencieux. Ce mutisme contraste avec l’activisme habituel des nations candidates qui, généralement, lancent de vastes campagnes de lobbying des mois à l’avance. Est-ce une nouvelle stratégie Tshisekedi ?

Connu pour son activisme diplomatique avéré, le Président congolais , depuis son accession à la magistrature suprême ne laisse rien au hasard sur le plan international s’agissant de son pays. Pour la candidature du Grand Congo à l’OIF, le peuple congolais s’étonne et constate que la balle n’est pas encore sur l’aire de jeu.
Les pistes d’une réserve calculée
Plusieurs hypothèses peuvent expliquer cette posture inhabituelle. Engagée par la crise dans l’Est du pays et les tensions avec ses voisins notamment le rwanda, la diplomatie congolaise pourrait juger secondaire la course aux postes internationaux, préférant concentrer son énergie sur le plaidoyer sécuritaire pour en finir une fois pour toute.
Aussi, dans la diplomatie , un principe veut que le silence ne soit pas considéré comme l’inaction. Kinshasa pourrait privilégier une diplomatie souterraine, loin des effets d’annonce, pour sonder ses alliés africains avant de se dévoiler et jouer sa carte.
Ce désintérêt apparent peut aussi être interprété comme une forme de distanciation vis-à-vis d’une organisation dont la RDC a parfois critiqué la tiédeur face aux enjeux de souveraineté territoriale et de son conflit permanent avec le rwanda, qui sa candidate, gère actuellement cette organisation qui ne s’est jamais prononcé ouvertement sur cette guerre d’agression de son pays.
Enjeux d’une décision
Le choix de briguer ou non la tête de l’OIF n’est pas anodin. Pour la RDC, occuper ce poste serait une consécration de son leadership diplomatique, linguistique et culturel. À l’inverse, s’abstenir de présenter une candidature forte pourrait être perçu comme un aveu de désintérêt pour un espace francophone en pleine mutation géopolitique.
En restant dans l’ombre, la RDC laisse le champ libre à d’autres ambitions, mais elle garde aussi l’avantage de la surprise. Reste à savoir si ce silence est le signe d’une stratégie de repli ou celui d’un bond imminent. En plus du côté de la RDC, les meilleures cartes ne manque nullement pas.
Onassis Mutombo

