
L’insécurité n’inquiète plus. Mobondo, crimes, braquages, violences urbaines : le quotidien des Congolais habitant Kinshasa ressemble à un interminable bulletin noir. Dans les avenues et les quartiers populaires, au centre-ville, le sentiment d’abandon s’installe.
Les kulunas prospèrent, la criminalité s’envole, et la police, pourtant pilier de l’ordre public, semble frappée par une double paralysie.
Cet échec sur le plan sécuritaire, pour les observateurs, lorgne le VPM de l’Intérieur qui, n’a pas su moderniser la police, outil indispensable au rétablissement de l’autorité de l’État.
Champion des mesures cosmétiques et des effets d’annonce devant la presse, il se retrouve aujourd’hui mis en cause par le taux de criminalité et les scandales impliquant les hommes en uniforme, révélant la supercherie du ministre.
Comme si cela ne suffisait pas, le VPM tente de créer une instabilité institutionnelle à Kinshasa en diligentant une mission de contrôle illégale, visant à détourner l’attention de sa gestion de la crise humanitaire liée aux inondations d’avril 2025, pour lesquelles il a présidé la commission ad hoc.

Une Mission kamikaze !
Pour tout observateur averti, cette mission de contrôle, qui en réalité n’en est pas une, est inconstitutionnelle pour plusieurs raisons : Kinshasa est régie par la libre administration des provinces (articles 3, 171, 195 à 198, 204 et 221 de la Constitution) ; Kinshasa jouit d’une autonomie de gestion de ses ressources humaines, financières, économiques et techniques ; Les ressources de Kinshasa sont distinctes de celles du gouvernement central ; Le contrôle des finances de Kinshasa ne peut être effectué que par l’Assemblée provinciale, l’IGF et la Cour des comptes (article 46 de la Loi organique de 2008 sur la libre administration des provinces).
Récuser cette mission inconstitutionnelle ne signifie pas rejeter la bonne gouvernance. La Ville a travaillé tout au long de l’année 2024 sous l’encadrement de l’IGF, à la demande de son gouverneur. Cette année, elle a déposé son rapport auprès de la Cour des comptes. Par ailleurs, un autre rapport a été transmis à la Direction des rééditions des comptes pour rendre compte de la gestion des fonds du Gouvernement central mis à sa disposition.
SL



