
La ville de Lubumbashi, dans la province du Haut-Katanga, a vibré ce 10 avril 2026 au rythme du lancement officiel de la 11ᵉ édition du Festival Amani, après plusieurs éditions organisées à Goma et Bukavu. La cérémonie d’ouverture a été présidée par la Première ministre Judith Suminwa, en présence de la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, marquant ainsi l’importance stratégique accordée par le gouvernement congolais à cet événement culturel d’envergure nationale et continentale.
Dans son allocution, la cheffe du gouvernement a placé cette édition sous une dimension à la fois symbolique et engagée, en s’appuyant sur le thème choisi cette année : « re-devenir ». « Le thème de cette année, “re-dévenir ”, résonne comme un impératif moral et une boussole pour notre action collective », a-t-elle déclaré, appelant à « redevenir une nation soudée, capable de puiser sa force dans sa riche diversité culturelle et linguistique ».

Pour Judith Suminwa, ce mot d’ordre traduit une ambition profonde : « bâtir une société exemplaire, ancrée dans les valeurs de dignité, de justice équitable et de solidarité », tout en transformant chaque défi en opportunité de développement.
Insistant sur le rôle structurant de la culture, la Première ministre a rappelé l’engagement du gouvernement à faire de ce secteur un pilier économique.
« Conscients du rôle stratégique du secteur culturel, véritable gisement d’emplois et vecteur mobilisateur pour notre jeunesse, […] le gouvernement de la République s’engage à ne ménager aucun effort pour structurer une véritable économie de la culture », a-t-elle affirmé. Cette vision, a-t-elle dit, portée sous l’impulsion du Président Félix-Antoine Tshisekedi, vise notamment à soutenir les industries créatives locales et à investir dans des infrastructures capables de faire rayonner le génie congolais à l’échelle internationale.
Symbole de l’Unité entre autorités et acteurs culturels pour un Congo plus fort

Au-delà de la dimension culturelle, Judith Suminwa a également abordé la question sécuritaire, rappelant que le développement artistique ne peut s’épanouir sans paix.
« Sans un environnement de paix et de sécurité garantissant la protection absolue des civils […] », a-t-elle insisté, réaffirmant la détermination du gouvernement à restaurer la stabilité, notamment dans l’Est du pays. Elle a salué à cet effet les efforts diplomatiques du Chef de l’État, dont « l’engagement pour la paix est le moteur qui nous permet d’être réunis ici à Lubumbashi en toute sérénité ».
Pour la Première ministre, le Festival Amani dépasse le cadre d’un simple rendez-vous artistique. Il incarne « un acte de foi », symbole de la résilience collective et de la capacité du peuple congolais à se réinventer. « La paix est une œuvre collective, patiente et quotidienne qui a besoin de la contribution de tous », a-t-elle rappelé, invitant la jeunesse, les artistes et l’ensemble des forces vives à s’impliquer dans cette dynamique.
Sous les regards du gouverneur de la province, ce lancement s’est également distingué par une forte mobilisation artistique. Parmi les temps forts, la prestation de la star congolaise Ferré Gola a captivé le public lushois. L’artiste, très attendu, a rejoint Lubumbashi à bord du même vol que la Première ministre Judith Suminwa et la ministre Yolande Elebe, symbole d’un déplacement placé sous le signe de l’unité entre autorités et acteurs culturels pour un Congo plus fort.
Avec cette 11ᵉ édition, le Festival Amani confirme son ambition d’expansion et d’ancrage national. Après l’Est du pays, son arrivée dans le Haut-Katanga ouvre de nouvelles perspectives pour la circulation des œuvres, la valorisation des talents et la consolidation d’une identité culturelle congolaise forte, portée par la paix, la créativité et l’espoir.
Onassis Mutombo


