
À l’heure où l’Afrique interroge la structuration de ses industries culturelles et créatives, Editions Tamaris apparaient comme un cas d’école. Fondée à Brazzaville, en République du Congo, en 1988 par Jean-Pierre NGOMBE, cette entreprise congolaise a développé, sur plus de trois décennies, un modèle singulier articulant création artistique, mémoire culturelle et économie de la musique.
Bien avant la reconnaissance internationale de la Rumba comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité, TAMARIS en avait déjà compris la valeur stratégique, tant symbolique qu’économique.
Une vision africaine de la production culturelle

Née dans un contexte marqué par la fragilité des infrastructures culturelles africaines, TAMARIS s’est construite comme un outil de souveraineté culturelle. L’entreprise a fait le choix de doter les artistes de moyens professionnels de production, de diffusion et de conservation des œuvres, contribuant ainsi à structurer une filière musicale locale capable de dialoguer avec les standards internationaux.
Cette approche a permis à la Rumba congolaise de circuler, de se renouveler et de s’inscrire durablement dans l’espace culturel africain et diasporique.
La Rumba, entre patrimoine et industrie
Depuis 1988, plus de cinquante projets artistiques majeursont été accompagnés par TAMARIS. Ces productions ne relèvent pas uniquement de la création musicale : elles constituent un capital culturel africain, fait d’archives sonores et visuelles, de récits artistiques et de transmission intergénérationnelle.
Dans cette perspective, la Rumba apparaît non seulement comme une musique, mais comme un écosystème économique, générateur d’emplois, de compétences et de chaînes de valeur, du studio à la scène, de l’archive à la diffusion.
Transmission et circulation des savoirs
Avec «Tamaris-Rumba et Transmission », l’entreprise engage une réflexion de fond sur la place de la mémoire dans les économies culturelles africaines. À travers rencontres professionnelles, exposition et concert, le projet interroge les mécanismes de transmission des savoirs artistiques, la conservation des œuvres et leur appropriation par les nouvelles générations.
Il s’agit moins de célébrer le passé que de penser l’avenir : comment transformer l’héritage culturel africain en ressource économique durable, sans le dénaturer ?
2026 : penser l’avenir de la Rumba africaine
Prévue pour 2026 à Brazzaville, Kinshasa et Paris cette célébration marque une étape stratégique. TAMARIS propose un regard rétrospectif sur 35 ans de production, tout en ouvrant un débat panafricain sur les modèles économiques adaptés aux réalités culturelles du continent.
À travers cette trajectoire, TAMARIS rappelle que les industries culturelles africaines ne se construisent pas uniquement par l’innovation technologique, mais aussi par la maîtrise de la mémoire, la transmission des savoirs et la circulation des œuvres.
Après 35 ans, TAMARIS continue d’incarner une conviction forte : la culture africaine est un levier de développement, un espace de dialogue et un champ d’avenir.
Lauryathe Bikouta


