
Lors de la 39ᵉ édition du Surajkund International Crafts Mela, tenue en février 2026 à Faridabad, près de New Delhi, en Inde, la République démocratique du Congo a marqué les esprits de multiples façons.
Si le célèbre tissu Kuba a captivé l’audience, c’est surtout l’art de la coiffure traditionnelle congolaise qui a révélé toute la profondeur du patrimoine vivant du pays. Parmi plus de 150 pays présents lors des parades et prestations, les mannequins congolais se sont distingués par une touche particulière, immédiatement perceptible. Cette signature esthétique portait la marque de Princesse Ngamba Lunsadisa.

Dans le stand réservé à la délégation congolaise, elle fut sans conteste la star. Toujours disponible pour retoucher les coiffures des chanteurs, danseurs et stylistes congolais, la princesse Ngamba a insufflé une nouvelle dynamique à la campagne de promotion des motifs Kuba en Inde, contribuant à faire de la RDC l’un des pays les plus sollicités du festival, avec quatre prestations sur la grande scène, en plus des parades.
Au-delà de l’esthétique, la coiffure en RDC est un véritable langage. Sa présentation sur la scène internationale de Surajkund, l’un des plus grands rendez-vous artisanaux au monde, a rappelé que le cheveu constitue un support ancestral de communication et que la coiffure est indissociable de l’identité d’un peuple. Aux côtés des tissus, des danses et des musiques, la coiffure congolaise a marqué les différentes étapes du festival.
Coiffure congolaise, symbole de fierté

Chaque tresse, chaque motif géométrique raconte une appartenance ethnique — Kongo, Tetela, Songye, Luba, Kuba, Ngala… Durant ce festival, l’initiatrice a démontré que la coiffure est un art vivant, capable de se réinventer et de s’adapter au contexte contemporain, tout en favorisant la réappropriation des savoirs traditionnels.
« Nous voulons promouvoir nos coiffures afin de trouver un équilibre entre la modernité et la tradition. Il ne s’agit pas d’oublier nos valeurs africaines, mais plutôt de permettre à l’humanité entière de les admirer. Ce besoin est inné, mais notre principal objectif est de reconnecter nos sœurs à nos valeurs. Longtemps, la coiffure a été reléguée au second plan dans la promotion de la culture africaine. C’est précisément pour cette raison que j’en ai fait mon champ de bataille, afin de répondre à ce besoin permanent de sauvegarde de notre patrimoine africain. Nous nous sommes donné pour mission d’éveiller la conscience collective autour de cette question, afin de préserver notre patrimoine capillaire », a déclaré Princesse Ngamba Lunsadisa, coiffeuse traditionnelle et responsable du centre Mwasi Uzur’art devant le stand de la RDC.

Par ses créations capillaires, la délégation congolaise, soutenue par le ministère de la Culture, des Arts et du Patrimoine, a su créer un véritable pont entre les continents. Dans un festival où l’Inde célèbre ses propres traditions de tissage et de parure, la complexité des tresses congolaises, associée aux motifs Kuba, a trouvé un écho particulier, imposant la marque congolaise au vu et au su de tous.
« Nous sommes heureuses d’associer la coiffure traditionnelle au tissu Kuba, aujourd’hui reconnu comme patrimoine culturel national. Le Kuba n’est pas éloigné de la coiffure traditionnelle : les deux vont de pair. Ce mélange nous permet de mettre en valeur, de manière remarquable, le drapeau de notre pays ici en Inde », a-t-elle ajouté.

En apportant sa spécialité à la délégation congolaise, Princesse Ngamba s’impose comme l’une des figures marquantes de cette participation. En exposant ses coiffures iconiques en Inde, la RDC ne se contente pas de montrer sa beauté : elle affirme sa place dans le concert des nations comme une puissance culturelle dont l’art s’exprime jusque dans la pointe des cheveux.
Onassis Mutombo

