Seize ans après la disparition de l’artiste Frédéric Mayaula Mayoni, son œuvre continue de résonner dans les réflexions autour de la transmission culturelle en République démocratique du Congo. À l’occasion de la commémoration de son décès, célébrée ce mardi 26 mai, la structure Cré’Action a engagé des échanges avec l’Institut des arts du spectacle (INAS) autour d’un ambitieux projet d’éducation artistique consacré à l’héritage du célèbre musicien congolais.
Conduite par Elfia Elesse, nièce de l’artiste et coordinatrice de Cré’Action, la délégation a été reçue par Nadège Bope, préfète des études et cheffe des établissements de l’INAS. Au centre des discussions : l’intégration des œuvres de Mayaula Mayoni dans un programme de transmission destiné aux jeunes artistes et étudiants.

« Le 26 mai reste une date symbolique pour notre famille et pour la culture congolaise. Nous avons souhaité marquer cette journée en venant échanger avec l’INAS autour d’un programme d’éducation artistique afin d’étudier les possibilités d’intégrer les œuvres de Mayaula Mayoni dans les contenus pédagogiques », a expliqué Elfia Elesse (voir photo, veste noir et robe rouge).

Au-delà du répertoire musical du chanteur, les discussions ont également porté sur les idéaux défendus par l’artiste au cours de sa carrière : la diplomatie culturelle, la reconnaissance du statut de l’artiste, les droits d’auteur ainsi que la protection de la propriété intellectuelle. Cré’Action envisage notamment l’organisation d’ateliers de formation, de résidences artistiques et d’activités pédagogiques autour de son œuvre.
Pour Nadège Bope(au milieu), cette initiative s’inscrit dans une nécessité de sauvegarde et de valorisation du patrimoine culturel congolais.
« C’est un honneur pour l’INAS de recevoir une structure qui œuvre pour la préservation de l’héritage d’un artiste majeur comme Mayaula Mayoni. Ce patrimoine mérite d’être transmis aux générations futures à travers l’éducation artistique », a-t-elle déclaré.

L’INAS envisage ainsi d’intégrer certaines œuvres du chanteur dans ses contenus d’apprentissage afin de permettre aux étudiants de les interpréter, de les étudier et d’en assurer la continuité dans le paysage culturel congolais.
Les deux parties disent avoir posé les bases d’un futur partenariat axé sur la transmission artistique. Plusieurs recommandations ont été formulées, notamment l’élaboration d’un plan d’action définissant les prochaines étapes du projet.
Ancien footballeur de l’AS Vita Club et international congolais avant de devenir une figure emblématique de la rumba, Mayaula Mayoni demeure l’un des grands auteurs-compositeurs de la musique congolaise moderne. À travers des classiques comme « Chérie Bondowe », « Nabali Misère », « Ousmane Bakayoko » ou encore « Doudou a Mwen », « le Julio Eglesias congolais » a marqué durablement l’histoire musicale africaine.
Décédé le 26 mai 2010 à Bruxelles, cet auteur compositeur a laissé, derrière lui, une œuvre riche que sa famille et plusieurs acteurs culturels entendent aujourd’hui préserver, transmettre et réhabiliter auprès des nouvelles générations.
Onassis Mutombo
