Culture : « Architecture du corps », une exposition qui célèbre la mode et le patrimoine congolais

Le Musée national de la République démocratique du Congo accueille, depuis lundi 24 juillet, une exposition de trois jours consacrée à la mode et baptisée « Architecture du corps ». Cette initiative artistique, portée par la styliste-modéliste et designer textile Lydie Okosa Bobunda, associe créations vestimentaires et photographie autour d’une réflexion sur le corps, le vêtement et l’identité culturelle.
“Formée en modélisme à l’Institut supérieur des arts et métiers et en animation culturelle à l’Institut national des arts, Lydie Okosa inscrit son travail dans une démarche de re…
Arts.cd · MODE/DESIGN
Formée en modélisme à l’Institut supérieur des arts et métiers et en animation culturelle à l’Institut national des arts, Lydie Okosa inscrit son travail dans une démarche de recherche, de création et de valorisation du patrimoine.
À travers « Architecture du corps », la créatrice entend notamment mettre en lumière la création textile, la recherche culturelle et la question de l’identité nationale. L’exposition a été officiellement lancée lors d’un vernissage placé sous la conduite de l’artiste comédien Rock Bodo, maître de cérémonie.
Pour Lydie Okosa, le vêtement ne doit pas être perçu uniquement comme un produit destiné à la consommation. Il constitue également un moyen d’expression, un élément de transmission culturelle et un marqueur du patrimoine. Sa démarche privilégie notamment l’utilisation de matières éco-sourcées.
Cette vision de la mode s’appuie sur une recherche esthétique où formes, coupes, volumes, matières et teintures se rencontrent. La créatrice considère ainsi la mode comme une véritable passion à travers laquelle elle exprime sa conception du beau et raconte des histoires inspirées de la culture.
Elle invite par ailleurs le public à dépasser le regard immédiat porté sur les vêtements et les défilés de mode pour s’intéresser davantage au processus qui se trouve derrière chaque création. Autrement dit, il ne s’agit plus seulement de regarder un vêtement, mais de chercher à comprendre les choix artistiques, culturels et techniques qui ont conduit à sa réalisation.
Dans cette démarche, deux références culturelles majeures ont particulièrement nourri son inspiration : la beauté de la femme Mangbetu et le graphisme Kuba. Pour Lydie Okosa, la notion de beauté est intimement liée à l’histoire, à la culture et au regard que porte une société sur elle-même.
Cette approche a également trouvé un écho dans l’intervention du professeur Joseph Ibongo. Historien de l’art et archéologue de l’Université de Louvain, celui-ci a apporté une dimension académique à l’exposition en abordant notamment l’archéologie du modèle et l’anthropologie du vêtement.
Son intervention a permis de replacer l’habillement dans une perspective plus large. Selon lui, la mode contemporaine ne se limite plus à protéger le corps ou à afficher un statut social. Elle participe également à l’affirmation de soi, à l’expression de la personnalité et à la construction de l’image corporelle.
Le professeur Ibongo a, par ailleurs, salué le dialogue établi entre tradition et modernité dans le travail de Lydie Okosa. Il estime que l’histoire, la culture africaine et l’anthropologie du vêtement constituent des ressources importantes pour renouveler la création contemporaine.
Prenant la parole au nom de la directrice du Musée national, Monsieur Armel a, pour sa part, salué cette initiative qui, selon lui, rejoint pleinement la vocation de l’institution : préserver le patrimoine tout en accompagnant la création artistique contemporaine.
Il a également rappelé le rôle du musée comme espace de rencontre, d’échange et de valorisation des expressions artistiques et culturelles.
La représentation de la direction du musée a enfin encouragé la jeune créatrice pour son travail visant à révéler davantage le potentiel culturel congolais à travers la mode et la création textile.
Au-delà de son caractère artistique, « Architecture du corps » se présente ainsi comme une démarche de valorisation culturelle et de rayonnement du savoir-faire congolais. Selon Lydie Okosa, cette exposition devrait prochainement connaître une dimension internationale avec un déplacement prévu en France, notamment dans les départements du Val-d’Oise et des Yvelines.
Valentin Kabandanyi Kalenga
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