Kinshasa · samedi 5 septembre
LIBRE OPINION

Financement des ICC : Barbara Kanam frappe aux portes du patronat français à Paris

Financement des ICC : Barbara Kanam frappe aux portes du patronat français à Paris
Barbara Kanam, DG du FPC pH.tiers

Du Stade Roland-Garros au Club Afrique du MEDEF, la directrice générale du FPC défend une nouvelle vision des industries créatives de la RDC.

Et si la prochaine bataille de la culture congolaise se jouait aussi sur le terrain de l’économie ?

À Paris, en France, Barbara Kanam, directrice générale du Fonds de Promotion Culturelle (FPC), a choisi de porter cette question au cœur des réseaux économiques français.

Son message est sans détour. La créativité congolaise est une richesse, mais elle doit désormais être mieux financée, structurée et connectée aux marchés internationaux.

Le 26 août dernier, au Stade Roland-Garros, Barbara Kanam a pris part à la séance inaugurale de La REF, le grand rendez-vous du Mouvement des entreprises de France (MEDEF). Pendant plusieurs jours, chefs d’entreprise, investisseurs et décideurs y ont croisé leurs réflexions autour des grands enjeux économiques.

Dans cet univers où l’on parle davantage de capitaux, d’innovation et de compétitivité que de création artistique, la directrice générale du FPC a fait entendre la voix d’un secteur culturel congolais qui veut prendre toute sa place dans l’économie.

La culture congolaise, une économie à part entière

Musique, cinéma, audiovisuel, mode, arts visuels, patrimoine, spectacle vivant, artisanat… La RDC ne manque ni de talents ni de créativité.

Ce qui fait encore défaut, c’est un environnement économique suffisamment solide pour transformer cette créativité en entreprises durables, en emplois et en opportunités d’investissement.

C’est précisément sur cette équation que Barbara Kanam a voulu attirer l’attention de ses interlocuteurs français.

Au cours de sa mission, elle a notamment rencontré plusieurs personnalités françaises, parmi lesquelles Michel Barnier, Élisabeth Borne, Bruno Le Maire et Patrick Martin, président du MEDEF, ainsi que plusieurs responsables politiques.

Au-delà des rencontres et des images officielles, l’enjeu est de créer des passerelles entre les créateurs congolais et les réseaux capables d’accompagner leurs projets à une autre échelle.

Le rendez-vous s’est poursuivi le 28 août devant le Club Afrique du MEDEF de l’Est Parisien, présidé par Christian Lema, vice-président du MEDEF de l’Est Parisien, en présence de Bastien Brunis, président du MEDEF de l’Est Parisien.

Devant des représentants du monde économique français, Barbara Kanam a présenté les potentialités du secteur culturel congolais et échangé sur les possibilités de coopération, de partenariat et d’investissement.

Ainsi, comment financer durablement la créativité congolaise ?

La réponse ne peut plus reposer uniquement sur les ressources publiques. Mécénat, cofinancement, capital-investissement, partenariats public-privé et investissements privés doivent progressivement compléter les mécanismes existants.

Pour le FPC, cette diversification est également une manière de permettre aux porteurs de projets culturels de passer du stade de l’idée à celui de l’entreprise viable.

La professionnalisation des acteurs, l’accès à l’expertise, aux technologies, aux réseaux internationaux et aux standards des marchés constituent également des conditions essentielles pour faire changer d’échelle aux industries créatives congolaises.

La mission parisienne de Barbara Kanam s’inscrit ainsi dans la démarche de faire sortir la culture du seul registre de la consommation culturelle pour la placer au cœur des enjeux de développement.

Car derrière chaque chanson, chaque film, chaque vêtement, chaque œuvre d’art ou chaque spectacle, il existe aussi une chaîne de valeur, des métiers, des entrepreneurs et des emplois.

Quand la créativité devient un enjeu économique

De La REF au Club Afrique du MEDEF de l’Est Parisien, Barbara Kanam aura finalement porté un message simple que la RDC a des talents ; il faut maintenant créer les conditions pour que ces talents deviennent une véritable économie.

Cette ouverture vers le patronat français pourrait ainsi constituer un nouveau terrain de dialogue pour le FPC, à la recherche de compétences, de partenaires, de financements et de marchés pour accompagner les acteurs congolais.

Onassis Mutombo

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