Kinshasa · mercredi 23 septembre
LIBRE OPINION

Dialogue national : Kathy Kalanga dénonce « une théorie d’endormissement »

Dialogue national : Kathy Kalanga dénonce « une théorie d’endormissement »
Kathy Kalanga, Coordonnatrice de l’interplateforme de la société civile ph. Tiers

L’Interplateforme de la société civile dans toute sa diversité suit avec attention l’évolution de la situation politique en République démocratique du Congo, notamment les préparatifs autour du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. À l’issue d’une tournée d’inspection effectuée dans plusieurs provinces du pays, sa coordonnatrice, Kathy Kalanga, affirme avoir constaté une attente favorable de la population à l’égard d’une initiative visant à favoriser la paix et la cohésion nationale.

Selon elle, « le Congolais dans son ensemble est favorable à l’idée de l’organisation d’un dialogue pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État ». Mais cette adhésion ne dispense pas les organisateurs de répondre aux préoccupations de la société civile sur la conduite et les objectifs de ces assises.

Kathy Kalanga exprime notamment ses inquiétudes face aux « tournures que prennent ces assises nationales ». Elle met en garde contre ce qu’elle qualifie de « théorie d’endormiss…

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Kathy Kalanga exprime notamment ses inquiétudes face aux « tournures que prennent ces assises nationales ». Elle met en garde contre ce qu’elle qualifie de « théorie d’endormissement » susceptible, selon elle, de détourner l’attention des acteurs politiques et sociaux de l’urgence sécuritaire. « Les multiples sorties médiatiques du régime actuel deviennent comparables à la piqûre du diazépam dont l’objectif principal est d’endormir les acteurs de la société civile et de l’opposition devant l’urgence de récupération de nos territoires occupés », déclare-t-elle.

L’opposition appelée à jouer son rôle de contrepoids

Dans sa déclaration, la coordonnatrice de l’Interplateforme appelle également l’opposition politique à assumer pleinement son rôle de contrepoids institutionnel et citoyen.

« Nous disons à l’opposition politique de bien jouer son rôle de contrepoids », affirme Kathy Kalanga, qui souhaite également voir les forces de l’opposition porter les préoccupations sociales de la population. « L’Interplateforme de la société civile dans sa diversité sera encore plus heureuse de voir l’opposition appeler les Congolais à la marche aussi pour réclamer l’amélioration de leurs conditions de vie », ajoute-t-elle.

Pour cette plateforme citoyenne, le dialogue ne devrait donc pas se limiter aux rapports de forces entre acteurs politiques. Il devrait également permettre de mettre sur la table les préoccupations économiques et sociales des Congolais.

Des propositions annoncées pour le dialogue

L’Interplateforme indique par ailleurs travailler à l’élaboration d’un ensemble de propositions destinées à contribuer aux travaux du futur dialogue national.

« Nous élaborons des documents reprenant nos propositions pour un dialogue apaisé qui sera remis au chef de l’État au moment venu », fait savoir Kathy Kalanga.

Elle insiste particulièrement sur la nécessité d’assurer l’inclusivité du Comité de pilotage du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État. À ses yeux, la représentation de la société civile, et notamment celle des femmes, doit occuper une place significative dans ce dispositif.

« On doit tenir compte de l’inclusivité et de la représentativité des femmes membres de la société civile parce que c’est elle la première victime de la guerre d’agression », soutient-elle.

« Plus le régime traîne les pas, plus il vide les substances » du dialogue

Sur le calendrier et la conduite du processus, Kathy Kalanga appelle les autorités à accélérer les préparatifs afin de préserver la substance même de l’initiative.

« À ce stade, le régime doit se regarder devant le miroir pour se rendre compte que plus il traîne les pas, plus il vide les substances de cette rencontre nationale », estime-t-elle.

Pour l’Interplateforme, le dialogue ne devrait surtout pas être réduit à une négociation politique portant principalement sur la répartition des responsabilités publiques. « Cette rencontre nationale ne doit en aucun cas aboutir au partage des postes contre l’amélioration de la situation socio-économique de la population congolaise », prévient la coordonnatrice.

Territoires occupés et question électorale

La question sécuritaire demeure, selon cette organisation de la société civile, au cœur du débat sur l’avenir institutionnel du pays. Kathy Kalanga estime que les réalités sécuritaires dans les territoires occupés doivent être prises en compte dans toute réflexion sur le calendrier politique.

« L’Interplateforme de la société civile dans sa diversité, consciente des enjeux géopolitiques et stratégiques actuels, demande à l’opposition de ne pas lire la Constitution à moitié », déclare-t-elle.

Elle poursuit : « À ces jours, ne nous voilons pas la face, car les territoires occupés ne nous facilitent pas la tâche. Et organiser les élections dans cette circonstance est une carte verte donnée aux prophètes de la soudanisation, d’où l’importance du dialogue national tel qu’énoncé dans notre récente déclaration. »

Une position qui place la question sécuritaire au centre du débat sur les prochaines échéances politiques, tout en défendant la nécessité d’un cadre de concertation nationale.

En définitive, l’Interplateforme de la société civile dans toute sa diversité appelle les autorités à donner une orientation concrète au processus et à éviter que les discussions préparatoires ne s’éternisent.

« Nous appelons le régime à cesser de traîner les pieds et à quitter la théorie d’endormissement pour aller à l’essentiel, puisque l’urgence s’impose », conclut Kathy Kalanga.

Mulopwe

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