L’INAS se positionne comme école promotrice des Stiam en RDC

À Kinshasa, la prestigieuse école d'application de l'Institut national des arts ouvre une section “Arts et technologie”. Une manière de former des artistes à l'heure de l'intelligence artificielle.
C'était, jusqu'ici, le conservatoire des voix et des corps.
“L'Institut des arts du spectacle (INAS) de Kinshasa, pépinière historique de la scène congolaise, a longtemps formé des musiciens, des comédiens et des danseurs-chorégraphes.
Arts.cd · CINEMA / THEATRE
L'Institut des arts du spectacle (INAS) de Kinshasa, pépinière historique de la scène congolaise, a longtemps formé des musiciens, des comédiens et des danseurs-chorégraphes.
Il veut désormais former des ingénieurs du spectacle, du son et de la vidéo.
Mardi 15 septembre, sa préfète des études, Nadège Mitshindu Bope, a annoncé un virage pédagogique : l'ouverture d'une section “Arts et technologie” et l'adoption officielle de l'approche STIAM ( pour sciences, technologie, ingénierie, arts et mathématiques).
Loin d'un simple effet de mode, l'acronyme, très en vogue dans les systèmes éducatifs anglo-saxons, dit une ambition : ne plus séparer la création de ses outils.
« Il ne s'agit plus de former seulement des artistes de la scène mais des créateurs capables de concevoir, de produire et de diffuser leurs œuvres avec les technologies actuelles » , explique la préfète de l'INAS.
Au programme : initiation aux outils numériques, à l'intelligence artificielle générative,
à la technique du son, à la régie générale et à la production multimédia.
Employabilité
Dans un pays où la précarité des artistes reste la règle, l'argument de l'employabilité est central.
L'INAS, qui a vu passer des figures comme la chanteuse Cindy le Cœur, le guitariste Olivier Tshimanga ou la cinéaste Sila Bisalu veut répondre à une mutation du marché : l'artiste doit désormais être son propre technicien, son propre producteur.
Cette réforme, assure la direction, s'inscrit dans la volonté affichée par le président Félix Tshisekedi de bâtir un système éducatif “compétitif” et de valoriser le capital humain.
Une manière, aussi, de projeter l'image d'une RDC à la pointe de l'innovation culturelle, au-delà des clichés de la crise.
Reste à savoir si les moyens suivront. L'INAS, comme beaucoup d'établissements publics congolais, devra composer avec des infrastructures limitées pour enseigner l'intelligence artificielle.
Jimmy Sita
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