Kinshasa · lundi 5 octobre
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Style: La mode congolaise, une histoire de métissages (Samia Bouhjar)

Style: La mode congolaise, une histoire de métissages (Samia Bouhjar)

Entre héritage Kuba, influences internationales et créativité contemporaine, la mode congolaise s’affirme comme un espace de rencontres. À Kinshasa, la directrice artistique et styliste belge, qui s’est présentée comme conteuse moderne du textile, Samia Bouhjar, a participé à un défilé mettant en lumière le talent des créateurs congolais, à l’occasion de la fête de Wallonie-Bruxelles au mois de septembre dernier.

Sur le podium, une dizaine de mannequins ont présenté des créations mêlant savoir-faire local avec le tissu et motifs Kuba, influences contemporaines et identité culturelle. Un défilé pensé comme une rencontre entre les cultures avec un regard de cette styliste belge , mais surtout comme une manière de raconter le Congo autrement par le vêtement. Après cette création, Samia Bouhjar s’est confiée à Arts.cd sur sa vision de la mode congolaise et sur cette capacité des créateurs à puiser dans plusieurs univers pour construire une identité qui leur est propre.

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« Je suis née au Maroc, j’ai grandi en Belgique. Et moi, je ne suis ni belge ni marocaine, je suis belge et marocaine. Je suis passionnée par ce qu’on peut raconter, par la mani…

Arts.cd · MODE/DESIGN

« Je suis née au Maroc, j’ai grandi en Belgique. Et moi, je ne suis ni belge ni marocaine, je suis belge et marocaine. Je suis passionnée par ce qu’on peut raconter, par la manière dont on se présente. Donc, par le vêtement », explique-t-elle.

Pour cette passionnée du textile, le vêtement dépasse largement la question de l’apparence. Il devient un langage et une manière de raconter une histoire. « Dans votre culture, la culture congolaise, la mienne aussi d’origine, la culture marocaine, le vêtement est hyper important. On est toujours bien habillé. On met un point d’honneur à être bien habillé, même si on est fatigué, même si on n’a pas beaucoup d’argent, il faut être bien habillé. C’est une manière de se raconter. C’est une manière de raconter son histoire ou de raconter l’histoire des gens qui nous entourent », souligne-t-elle.

« Quoi qu’il en soit, le Kinois (…) est le centre du monde »

Pour Samia Bouhjar, les créations présentées à Kinshasa ne doivent pas être enfermées dans une lecture strictement congolaise ou étrangère. Elles sont le résultat d’une rencontre entre plusieurs influences. « Ce que j’ai montré sur les planches du défilé avec les créateurs congolais, c’est le fruit d’un travail de créateurs congolais. Des stylistes qui sont nés ici, qui ont grandi ici et qui l’ont créé ici. Mais ce qui est magique, c’est que ces créateurs sont bercés par une culture internationale. Et ça nourrit leur créativité », estime-t-elle.

Une vision qui place le créateur congolais dans un monde en mouvement, où les frontières artistiques deviennent de plus en plus poreuses. « Quoi qu’il en soit, le Kinois, le Congolais, l’Africain, il est le centre du monde. En fait, ce qu’il va faire, ce qu’il va produire, va capter l’air du temps », affirme-t-elle.

Cette hybridation constitue, selon elle, l’une des grandes forces de la création artistique en RDC « Je ne crois pas qu’on puisse dire qu’il y a un art purement ancestral congolais. Ici, c’est la convergence de beaucoup d’énergies».

Le Kuba , une identité congolaise qui raconte le monde !

Le défilé de Kinshasa avec le motif Kuba  illustre ainsi une réalité devenue incontournable dans les industries culturelles; la création contemporaine se nourrit des circulations, des rencontres et des influences multiples. « Ce que j’ai voulu faire aujourd’hui, c’était montrer des créateurs et des créations qui ne sont ni belges ni congolais et qui sont belges et congolais en même temps », explique Samia Bouhjar. Une approche qui trouve un écho particulier dans la mode congolaise, où matières, traditions et références internationales se rencontrent pour donner naissance à de nouvelles expressions. Et si, deux heures avant le défilé, le doute semblait encore planer sur la capacité de l’équipe à tout mettre en place, le résultat a finalement dépassé les attentes.

« Il y a quelques heures avant le défilé, on pensait que ça n’allait pas fonctionner. Et pourtant, c’était magnifique, c’était parfait, c’était extraordinaire, c’était beau, c’était extrêmement réussi ».

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Pour Samia Bouhjar, cette expérience révèle surtout que « C’est qu’il y a du talent ici. Et moi, je suis heureuse, je suis honorée de me voir octroyer ce rôle, de mettre ce talent en lumière. »

La mode congolaise ne se contente donc plus de porter une identité. Elle raconte un Congo ouvert sur le monde, nourri par ses héritages et capable de transformer le métissage en langage créatif.

Onassis Mutombo

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