Kinshasa · lundi 19 octobre
LIBRE OPINION

Politique culturelle nationale : L’état et Culturels face aux défis de la mise en œuvre !

Politique culturelle nationale : L’état et Culturels face aux défis de la mise en œuvre !
Maître Théodore Ngazi et Augustin Bikale, deux intervenants, lors de cet atelier ph, . CAP

Financement, rémunération des œuvres, reconnaissance professionnelle, la caisse sociale,… la mise en œuvre de la Politique culturelle nationale devra répondre aux préoccupations concrètes des artistes congolais au-delà des textes.

Au Musée national de la RDC, à Kinshasa, la ministre de la Culture, Arts et Patrimoine, Yolande Elebe Ma Ndembo, a lancé vendredi dernier un atelier technique de vulgarisation et d’appropriation de cette politique culturelle nationale, organisé en partenariat avec l’UNESCO.

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Cet atelier organisé au Musée national a réuni des représentants de l’administration publique, des corporations artistiques et culturelles, des médias notamment Arts.cd ainsi qu…

Arts.cd · LIBRE OPINION

Cet atelier organisé au Musée national a réuni des représentants de l’administration publique, des corporations artistiques et culturelles, des médias notamment Arts.cd ainsi que des partenaires du secteur.

Au-delà de la présentation d’un document stratégique, cette rencontre a ouvert un débat essentiel sur l’avenir des artistes et des professionnels des industries culturelles et créatives (ICC) en République démocratique du Congo. Car pour les musiciens, comédiens, plasticiens, danseurs, écrivains et autres créateurs, l’enjeu est de voir les orientations annoncées se traduire par des améliorations tangibles de leurs conditions de travail et de leurs perspectives économiques.

Le financement, un défi majeur pour les artistes

Parmi les trois orientations prioritaires retenues à l’issue des échanges figure la mise en place d’un cadre de concertation avec les banques et les partenaires financiers. Animée par Augustin Bikale, directeur en charge du département culture UNESCO Kinshasa et Théodore Nganzi, Directeur de cabinet adjoint au ministère de la culture, arts et patrimoine, cette initiative vise à ouvrir de nouvelles perspectives de financement pour le secteur culturel.

Pour les artistes, l’accès aux ressources financières reste un enjeu déterminant pour produire des œuvres, organiser des spectacles, développer des projets et structurer leurs activités. La concrétisation de cette orientation devra donc permettre de réfléchir à des mécanismes de financement adaptés aux réalités du secteur, notamment aux besoins des artistes indépendants et des entrepreneurs culturels.

L’objectif est de favoriser un environnement dans lequel la création artistique peut également devenir une activité économique viable.

La deuxième priorité concerne la monétisation des œuvres musicales sur les plateformes numériques. À l’heure où la diffusion en ligne occupe une place croissante dans l’industrie musicale, la question des revenus générés par les créations congolaises se pose avec acuité.

Pour les artistes, être présent sur les plateformes ne suffit pas. Encore faut-il pouvoir tirer des revenus de leurs œuvres. L’amélioration des mécanismes de monétisation constitue ainsi un enjeu important pour la professionnalisation de l’industrie musicale congolaise.

Cette orientation soulève également la question de l’information et de l’accompagnement des créateurs, afin qu’ils comprennent mieux les mécanismes de diffusion numérique et les possibilités de rémunération associées à leurs productions.

Le Statut de l’artiste, en question !

La traduction de la Politique culturelle nationale, de la Loi sur la culture et du Statut de l’artiste en quatre langues nationales, à savoir le kikongo, le lingala, le swahili et le tshiluba, figure parmi les mesures,

Cette démarche vise à rendre ces textes plus accessibles aux artistes et aux acteurs culturels de différentes provinces. Leur appropriation constitue une étape importante pour permettre aux professionnels de mieux connaître les dispositions qui encadrent leur secteur et de comprendre les perspectives qu’elles peuvent ouvrir.

Toutefois, au-delà de leur vulgarisation, la question de leur application effective demeure centrale. Pour les artistes, la portée de ces instruments se mesurera notamment à leur capacité à favoriser la reconnaissance de leur métier et à améliorer leurs conditions d’exercice.

Les résultats valorisent les textes !

Les échanges ont porté sur les responsabilités des différentes parties prenantes dans la mise en œuvre de la Politique culturelle nationale, présentée comme un levier d’unité nationale et de développement.

Désormais, l’attention se porte sur la concrétisation des trois priorités annoncées pour faciliter le financement des activités culturelles, renforcer la rémunération des œuvres musicales en ligne et rendre les textes de référence accessibles au plus grand nombre.

Pour la ministre Yolande Elebe Ma Ndembo, le défi consiste à faire de cette politique un instrument opérationnel au service de l’ensemble de l’écosystème culturel congolais.

Pour Rock Bokabela Bodo, artiste et coordonnateur du Collectif des artistes et culturels (CAC), « l’enjeu est de faire en sorte que la politique culturelle ne reste pas un cadre d’orientation, mais qu’elle se traduise par des opportunités de financement, une meilleure valorisation des œuvres et une reconnaissance effective de leur profession ».

Onassis Mutombo

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