Procès Rebo : le rapport d’expertise confirme que la chanteuse n’a contacté aucun ministre

L’affaire opposant Déborah Mulanga Tshimpaka, alias Rebo Tchulo, s’est poursuivie devant le tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Ngaliema, ce jeudi 30 juillet 2026.
Alors que la partie civile soutenait que la chanteuse avait contacté un ministre lors de l’incident survenu dans la nuit du 17 avril dernier afin d’obtenir l’intervention de la Force spéciale militaire après la disparition de ses objets de valeur, les rapports d’expertise produits par les opérateurs de téléphonie démontrent qu’aucun appel n’a été émis vers un membre du gouvernement.
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À la demande du tribunal, Vodacom, Orange et Airtel ont été réquisitionnés afin de produire les relevés des appels entrants, sortants ainsi que des SMS de Rebo Tchulo entre le 17 avril à 22 heures et le 18 avril à 2 heures du matin.
Au total, cinq numéros ont été retenus dans le cadre de la procédure.
Pour le réseau Orange, le numéro identifié appartient à Kazadi Mputu Christian, présenté comme militaire subalterne.
Chez Vodacom, les experts ont attribué les deux numéros concernés à Kazadi Mputu Christian et à Musafiri Sababu Cédric, présenté comme officier subalterne et chef de la patrouille de la Force spéciale qui serait intervenue après la disparition des objets de valeur de l’artiste.
Du côté d’Airtel, les investigations ont porté sur deux numéros. Pour le premier, l’opérateur a indiqué qu’« il n’y a eu aucune activité durant la période concernée », précisant que les premières communications enregistrées ne remontent qu’à 20 heures. Selon les informations d’identification, son utilisateur résiderait à Kananga, dans la province du Kasaï-Central. Le second numéro serait attribué à un utilisateur résidant à Lubumbashi, dans le Haut-Katanga.
« Pourquoi les gens sont-ils en train de blaguer avec la justice ? »
À l’audience, la partie civile, à l’origine de la demande de réquisition des relevés téléphoniques, a vivement contesté les conclusions des experts de Vodacom, les accusant de ne pas avoir fourni toutes les informations attendues.
« Je ne sais pas pourquoi les gens sont-ils en train de blaguer avec la justice ! », s’est exclamé un avocat de la partie civile représentant Platini, la victime présumée des actes de torture. Il a estimé que les experts auraient dû identifier également les correspondants des numéros appelés par les militaires afin de répondre pleinement à l’esprit de la réquisition du tribunal.
De son côté, la défense de Rebo Tchulo s’est interrogée sur la portée juridique de cette démarche.
« En établissant qu’il y a eu ou non un appel, à quoi cela aboutit-il ? En quoi un appel téléphonique constituerait-il un élément constitutif d’une infraction, d’une incitation ou d’un acte de torture ? », a fait valoir l’un des avocats de la chanteuse.
L’affaire a été renvoyée pour la sixième fois au 6 août 2026.
David Ekutshu /CE
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