lundi, mai 11
Tous derrière les FARDC

Autre Actu : FECOFA au bord du gouffre !

À quelques jours de l’élection du prochain Comité Exécutif, la Fédération Congolaise de Football Association étouffe. Comptes gelés, agents impayés depuis quatre mois, équipements bloqués en Turquie : la FECOFA ne gère plus le football, elle gère la pénurie.

Le mirage d’un fonctionnement normal
À Kinshasa, on juge, on critique, on insulte. Mais qui sait comment bat réellement le cœur de la FECOFA depuis l’avènement du CONOR 2 ? Travailler sans budget de fonctionnement, sans salaire, avec des fonds propres dérisoires : ce qui serait une aberration ailleurs est devenu le quotidien des agents de la Fédération.

congolais telema / patrie


À la mi-avril, les visages croisés dans les bureaux ne trompaient pas , nonchalance forcée, tristesse profonde. Il a fallu quatre mois d’attente pour qu’un modeste salaire interrompe un cycle de privations.
Peut-on exiger l’excellence d’agents affamés ? Pourtant, la Fédération fait semblant. Elle fonctionne comme si tout était parfait.

L’humiliation des maillots :

le football de la débrouille,
Le scandale le plus criant reste celui des équipements. La réalité dépasse la fiction. Imagine-t-on une équipe nationale, vitrine d’un grand pays, contrainte d’attendre le retour d’une autre catégorie pour laver et réutiliser les mêmes maillots ? C’est pourtant le sort de nos jeunes joueurs.
Pendant que les critiques de salon s’enflamment, au moins 80 valises d’équipements Umbro pour les Seniors A, les U17 et les U20 prennent la poussière en Turquie. La raison ? Un manque de moyens pour couvrir les frais logistiques et envoyer des agents les récupérer.

Résultat : Nos athlètes s’envolent pour des compétitions internationales dans des conditions indignes, parfois sans bottines adaptées, privés de leur dignité avant même le coup d’envoi.

Le piège financier :

l’héritage empoisonné
Comment en est-on arrivé là ? La réponse tient en deux mots : héritage toxique. Le litige avec l’ancien équipementier O’Neills a refermé un piège juridique et financier sur la Fédération. Entre les comptes gelés à la Rawbank et la suspension réelle des transferts de fonds de la FIFA, la FECOFA est asphyxiée.
Privée de la manne internationale, l’institution survit grâce à des contrats de fortune, à la vente de maillots et de licences. Elle pare au plus pressé pour éteindre des incendies judiciaires dont les dirigeants actuels ne sont pas les auteurs.

Le bal des vautours :

C’est dans ce chaos que s’invitent les « détracteurs du mal ». Sous-informés ou mal intentionnés, ils transforment la douleur de la restructuration en spectacle. Ils ignorent, ou cachent, que le football ne se joue pas seulement sur gazon, mais aussi avec des finances transparentes et une administration sereine.

Un cri pour le changement :

On a longtemps tu la vérité pour « protéger l’institution ». Ce silence a nourri l’incompétence et la manipulation. À l’aube du nouveau Comex, il est temps de le dire : le football congolais est otage de son passé. L’éveil des consciences commence par la reconnaissance du sacrifice des agents et des joueurs. L’argent est le nerf de la guerre, mais la vérité est le premier pas vers la délivrance.

✍️Germain Lokuli, Journaliste Sportif