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Goma : l’artiste N’kashh signe son retour sur scène avec « Piment »

Dans un paysage musical congolais en constante mutation, N’kashh s’impose avec une signature singulière, où la satire épouse l’engagement social. Originaire de Goma, Junior Nkashama, de son vrai nom, l’artiste dévoile avec Piment une œuvre à la fois piquante et lucide, ancrée dans les réalités brûlantes de l’Est de la République démocratique du Congo. Ici, le rire n’est pas une échappatoire frivole, mais une stratégie narrative, presque une arme douce pour dire l’indicible.

À travers des sonorités accrocheuses et des textes incisifs, N’kashh réussit à rendre audible une parole souvent étouffée, transformant les contradictions sociales en matière artistique.

Ce qui frappe dans Piment, c’est cette capacité à faire cohabiter légèreté et gravité. Le rire, omniprésent, agit comme un exutoire collectif face aux tensions qui traversent le quotidien des populations de Goma.
Dans cette fresque musicale, l’artiste met en scène la résilience d’une jeunesse confrontée à l’incertitude, tout en esquissant les contours d’un espoir tenace. Fidèle à la tradition du rap conscient, N’kashh ne se contente pas de dénoncer : il suggère, provoque et interpelle, en cultivant une dérision qui désarme autant qu’elle questionne.

Acteur, artiste et engagé !

Derrière cette démarche artistique, se dessine le parcours d’un rappeur forgé dans l’expérience. Né sous le nom de Junior Kashama, il débute dès les bancs de l’école avant de rejoindre, au début des années 2000, le groupe Empire Z’, puis Trilogy. Des premières sessions en studio à Kampala aux scènes nationales et internationales, son itinéraire témoigne d’une construction progressive, marquée par une fidélité à ses racines. Depuis 2009, sa carrière solo s’affirme avec constance, entre indépendance artistique et ambition maîtrisée.

Avec son titre « Piment », N’kashh confirme surtout que la musique peut être un miroir fidèle des dynamiques sociales, mais aussi un levier pour penser autrement le réel. Dans un contexte où les récits sur l’Est du pays oscillent souvent entre drame et silence, il choisit une troisième voie celle du rire conscient, engagé, et résolument humain.

Mulopwe