
La République démocratique du Congo entre officiellement dans la course pour le Secrétariat général de l’Organisation internationale de la Francophonie. À travers le lancement de la candidature de Juliana Amato Lumumba, le gouvernement congolais entend défendre une vision renouvelée de l’espace francophone, portée par une figure dont l’histoire personnelle et politique résonne bien au-delà des frontières nationales.
Ancienne ministre de la Culture de la République démocratique du Congo et fille de Patrice Émery Lumumba, Juliana Amato Lumumba se présente comme l’héritière d’un engagement historique pour la dignité des peuples, la souveraineté culturelle et la valorisation du patrimoine africain.

Le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine inscrit cette candidature dans une continuité historique et symbolique forte. Dans son communiqué, il rappelle que Patrice Lumumba « fit de la langue française une arme pour défendre la dignité des peuples colonisés et inspirer les mouvements panafricains ». Une manière de souligner que la candidature de Juliana Amato Lumumba s’inscrit dans une mémoire politique et culturelle qui dépasse la seule dimension institutionnelle.
Au cœur de cette campagne se trouve une feuille de route ambitieuse intitulée : « Neuf projets neufs pour une Francophonie neuve ». Une proposition qui ambitionne de repenser le rôle et l’identité de l’espace francophone dans un contexte mondial en mutation.
Selon le communiqué du ministère, la candidate défend « une Francophonie des peuples, plus solidaire et plus politique ». Une vision qui entend repositionner l’organisation à l’échelle de « plus de 320 millions de locuteurs où la culture, la langue et la création constituent les véritables matières premières du dialogue entre les peuples ».
À travers cette approche, Kinshasa souhaite promouvoir une Francophonie davantage tournée vers les échanges culturels, les industries créatives et les préoccupations des populations. La culture y apparaît non seulement comme un instrument d’expression, mais aussi comme un levier diplomatique et stratégique.
L’échéance est désormais fixée. L’élection du futur secrétaire général se déroulera en novembre 2026 lors du 20e Sommet de la Francophonie qui se tiendra à Phnom Penh, au Cambodge. Les chefs d’État et de gouvernement des pays membres seront appelés à départager les différents candidats.
En attendant cette échéance, le ministère de la Culture, Arts et Patrimoine appelle à une mobilisation nationale autour de cette candidature. Il affirme soutenir pleinement cette initiative et invite « les artistes et les acteurs culturels congolais à en être les premiers ambassadeurs ».
Un appel qui traduit la volonté des autorités de transformer cette candidature en cause collective, où diplomatie, culture et identité nationale avanceraient d’un même pas.
Mulopwe

