samedi, mars 14
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Valorisation des motifs Kuba : « l’exemple peut venir du Conseil des ministres », (Noella Mbudjambe, styliste)

« Le port de vêtements aux motifs et tissus Kuba par les autorités congolaises, notamment lors du Conseil des ministres, constitue un moyen efficace de valoriser ce patrimoine culturel », a insisté Noella Mbudjamabe, styliste congolaise participant à la 39ème édition du Festival International Surajkund Craft Mela à Farirabad, à proximité de New Delhi, en Inde.

« Le port de vêtements aux motifs et tissus Kuba par les autorités congolaises lors, par exemple d’un conseil des ministres,  est un levier puissant pour valoriser ce patrimoine culturel juste après son inscription. Il s’agit désormais de l’intégrer davantage dans la vie quotidienne de tous les Congolais », a affirmé, au micro du media www.arts.cd, Noëlla Mbudjamabe, styliste présente à ce grand rendez-vous artisanal.

Elle a émis le vœu de voir les membres du gouvernement arborer des tenues traditionnelles en Kuba afin de mettre en lumière cette richesse culturelle.

 « Nous voyons souvent les ministres d’autres pays, particulièrement d’Afrique de l’Ouest, porter fièrement leurs tissus traditionnels. Pourquoi ne pas faire la même chose avec notre Kuba ? »

Des attentes après inscription au patrimoine !

congolais telema /patrie ou la mort

Pour la créatrice de la marque Moseka, ces motifs représentent l’identité de tout un peuple. « Le Kuba est un tissu spécifiquement congolais qui raconte notre histoire à travers ses dessins. Coup de chapeau à la ministre de la Culture, des Arts et du Patrimoine, Yolande Elebe, pour cette initiative. En tant que styliste, je ne peux pas accorder plus d’importance au pagne industriel qu’au Kuba, même si nous avons souvent recours au premier pour sa disponibilité sur le marché », a-t-elle ajouté.

Assurant la promotion de ce motif à New Delhi conformément aux orientations de son ministère de tutelle, la styliste a rappelé que le succès du Kuba repose aussi sur le travail des créateurs locaux. « Si le Kuba reste présent, c’est grâce aux stylistes congolais qui l’utilisent régulièrement dans leurs collections. Il ne vient pas concurrencer le pagne, mais il demeure notre héritage ».

Reconnus comme patrimoine culturel national depuis le 27 janvier dernier, les motifs et tissus Kuba méritent, selon elle, une attention particulière.

« Il faut que l’État congolais s’investisse ardemment dans la vulgarisation et la promotion du Kuba. J’ai eu l’occasion de discuter avec des tisserands et des vendeurs près de la Place Commerciale, à la 7ème rue Limete. Certains possèdent une documentation précieuse. J’ai compris que ces motifs ne sont pas créés au hasard; chaque dessin contient une histoire et des codes inscrits », a-t-elle conclu.

Onassis Mutombo,

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