RDC : à Kinshasa, la malachite du Katanga change de vie entre les mains des artistes

Du sous-sol minier du Katanga aux espaces d’exposition de Kinshasa, la malachite change de destination.
Extraite notamment autour de Lubumbashi et de Kolwezi, cette pierre emblématique des zones cuprifères du sud-est de la République démocratique du Congo trouve une seconde vie entre les mains des artistes, qui la transforment en objets décoratifs et en œuvres d’art.
“À la Galerie Symphonie des Arts, à Kinshasa que l’ACP a visité, cette matière raconte une autre facette du patrimoine congolais. « La malachite, ça vient de Lubumbashi parce que…
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À la Galerie Symphonie des Arts, à Kinshasa que l’ACP a visité, cette matière raconte une autre facette du patrimoine congolais. « La malachite, ça vient de Lubumbashi parce que c’est le minerai de cuivre. Là où on cherche le cuivre, dans les minéraux, c’est la malachite. C’est travaillé, là ce sont des artistes qui ont travaillé ça », explique Christa Göpfert, responsable de la galerie.
Quand la matière minière devient matière artistique

Provenant notamment de Lubumbashi, de Kolwezi et des territoires miniers environnants, la malachite est travaillée, taillée et polie pour révéler ses nuances de vert et ses motifs naturels. Une transformation qui fait passer cette matière du registre minéral à celui de la création, avec des usages principalement décoratifs et artistiques.
Mais à Kinshasa, l’accès à la matière brute demeure un enjeu pour les artisans qui travaillent ou restaurent ces pièces. « Ici à Kinshasa, il y a des réparations. Si ça casse, je peux donner à quelqu’un qui répare, mais il n’a pas de matière brute pour travailler. Il a seulement pour réparer », souligne Christa Göpfert.
Cette difficulté révèle le paradoxe d’un un pays riche en ressources minières peut encore manquer de matières premières lorsqu’il s’agit de nourrir sa chaîne de création artistique. Entre extraction, transformation et création, la malachite pose ainsi la question d’une meilleure circulation des matières locales vers les industries culturelles et créatives.
De la richesse du sous-sol à celle de la création

Carbonate de cuivre reconnaissable à ses différentes nuances de vert, la malachite se forme dans les zones d’oxydation des gisements de cuivre. Une fois travaillée, elle permet aux artistes de valoriser ses formes et ses motifs naturels dans des œuvres et objets décoratifs.
À travers cette utilisation, c’est donc une partie du sous-sol congolais qui se retrouve dans les espaces de création et d’exposition. La malachite devient alors plus qu’une pierre : elle établit un pont entre l’économie minière et l’économie créative, entre la richesse du territoire et le savoir-faire des artistes.
Installée dans la commune de Ngaliema, la Galerie Symphonie des Arts contribue à cette mise en valeur des arts visuels congolais, en présentant des créations qui mobilisent différentes matières, techniques et expressions du patrimoine artistique de la RDC.
Sarah Lukoji /CP
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