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« Nous devons devenir les légitimateurs premiers de notre propre culture (…) », (Tata N’longi Bia)

Tata Longi bia

Avocat, Ecrivain, éditeur avec les Editions Miezi et Président des écrivains du Congo Asbl, Tata N’Longi Biatitudes est un nom qui s’est imposé dans le secteur littéraire congolais. Les actions et interventions pour évoquer la littérature sans compter sa plume ont permis à Hervé Bia Bietusiwa, de son vrai nom, de se faire une notoriété, devenant ainsi un puzzle important au sein des femmes et hommes des lettres en RDC.  Concert des mots, éditeur, Editions Miezi ont fait l’objet de notre échange avec celui qui se considère auteur à 100%, avocat à 100%.

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Cette nouvelle casquette d’éditeur-écrivain ne chasse-t-elle pas ton amour pour la musique (concert des mots) ?

Tout ça, c’est un ensemble. Ce qui m’a amené au concert des mots, c’était le désir de partager la littérature différemment. D’ailleurs, c’est elle qui m’a amené dans ce cadre-là. C’est vrai que je suis un passionné de la musique mais je reste avant tout littéraire. Cette année, nous avons prévu au minimum deux « concerts des mots », dans le pire des cas, trois concerts. Evidemment, c’est difficile de se projeter puisqu’on ne sait pas très bien comment va se dérouler l’année du point de vue de la pandémie Covid19. Nous allons nous projeter en tenant compte de cette variable-là. C’est ce qui est sûr, nous allons réaliser tout ce qui doit être fait au niveau du plan d’action des Ecrivains du Congo Asbl, du concert des mots, du développement des Editions Miezi et de mon propre travail entant qu’écrivain.

« Je ne peux pas oublier que l’évènement majeur ici au pays était la soirée arts.cd (Soirée des arts) »

L’année passée n’a pas été facile pour votre secteur culturel, quels sont les événements qui ont marqué 2020, selon vous ?

L’année 2020 a été difficile culturellement. Mais à titre personnel.  Je suis heureux d’avoir pu, avec toute l’équipe, réaliser le Concert des mots le 30 juin 2020, le jour de l’indépendance, même si ça n’a pas été ouvert au public seulement sur internet en live. Je ne peux pas oublier que l’évènement majeur ici au pays, était la soirée arts.cd (Soirée des arts) qui a vu la reconnaissance et la récompense de plusieurs acteurs du monde culturel avec le Prix Lokumu Arts.cd. J’ai eu le bonheur de recevoir le prix de la littérature (Cœur (é) pelé) et le Concert des mots était nominé dans la catégorie innovation artistique. Pour moi, c’était quand même une belle année, malgré des drames, les personnes que nous avons perdues. C’est aussi ça la vie. Toujours essayer de tirer le meilleur dans la difficulté.

A lire: Voici la liste complète  des lauréats du Prix Lokumu Arts.cd /Soirée des arts

Les Editions Miezi, Tata N’Longi, vous avez osé !

Oui, l’on a osé. Mais tout ce qui arrive n’est pas une génération spontanée. Les Editions Miezi découlent naturellement de la démarche que nous menons. Elle est principalement à deux niveaux : Nous devons devenir les légitimateurs premiers de notre propre culture et consommateurs premiers de notre culture.

C’est presque dans toutes les disciplines. Un peu moins dans la musique, puisqu’elle arrive quand même à imposer des codes qui viennent d’ici. Même si là, on est encore dans la logique qu’un artiste ne se sentira pas complet tant qu’il n’a pas encore affronté de grandes scènes en Europe. Dans les autres disciplines, c’est encore plus grave. Aujourd’hui, ce sont les étrangers qui achètent les œuvres d’arts plastiques. Ce sont des étrangers qui financent l’art plastique, les biennales… D’ailleurs la littérature, n’en parlons pas, tant qu’on n’a pas été édité à Paris, Bruxelles ou aux USA, on a l’impression qu’il manque toujours quelque chose. Nous ne voulons pas lutter contre ça ; mais proposer autre chose. Nous voulons faire de l’édition ici sur place, vendre des livres avec la librairie, avoir un lieu de culture qui ne soit pas dans la ‘’République de la Gombe’’, les Editions Miezi sont à Kasavubu, on ne refuse pas le financement, mais le premier financement doit venir des membres qui mettent la main à la pâte.

« Partout au monde, ce n’est pas la majorité qui est en pleine littérature. Souvent, c’est une minorité active. Nous devons arriver à créer cette minorité active (…) »

Certaines langues affirment que les Congolais ne lisent pas, votre opinion :

Les Congolais lisent ! Nous vendons des livres. Il y a une forte demande. Comme par exemple mon recueil « Cœur épelé ». Je suis tout le temps en rupture. C’est un livre qui est imprimé à l’étranger, chaque fois que le lot arrive au bout d’un moment, je n’ai plus rien ! J’ai une demande forte que je ne sais pas satisfaire. A vrai dire, c’est l’économie du livre qui n’existe pas en RDC. Partout au monde, ce n’est pas la majorité qui est en pleine littérature. Souvent, c’est une minorité active. Nous devons arriver à créer cette minorité active, pour atteindre le seuil critique. Sur les 80 millions de Congolais, si 1 million deviennent des acteurs actifs de la littérature, soit en achetant soit en produisant, ça serait déjà un pas intéressant.

Qu’est-ce qu’il faut pour être édité aux Editions Miezi ?

Notre politique est que l’auteur ne paie rien. Nous nous occupons de tout. En contrepartie, nous lui demandons juste de produire une œuvre qui nous plaît, d’une part et, d’autre part, que l’œuvre puisse rencontrer notre ligne éditoriale. Nous éditons principalement des romans et des nouvelles. Nous avons constaté que c’est le domaine où notre littérature renaissante est la moins performante. Pour la poésie, nous allons bientôt lancer un appel à candidature, pour un ouvrage collectif de poésie au mois de juillet 2021. Après avoir reçu les textes, s’il n’est pas retenu, nous donnons aussi le retour motivé parce que le but est aussi de faire progresser les écrivains. Surtout que nous sommes limités en nombre d’éditions. Par année, nous ne pouvons pas dépasser plus de dix éditions.

Onassis Mutombo

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