
Alors que la question de la restitution du patrimoine africain conservé en Occident revient avec insistance dans les débats internationaux, la République démocratique du Congo se prépare également à ce processus. Mais au-delà du retour des œuvres, un défi majeur se pose : leur conservation une fois rapatriées.
Pour Jeannine Amisubi, Directrice des collections scientifiques et culturelles à l’Institut des Musées Nationaux du Congo (IMNC), la restitution nécessite à la fois des discussions entre États et un travail scientifique préalable.

« La restitution des biens culturels de la RDC conservés dans des pays occidentaux est au stade des études approfondies sur la provenance de chaque œuvre », a-t-elle indiqué lors de l’annonce de l’exposition « Nobody » au Musée d’art contemporain et multimédia à l’Echangeur de Limete.
Selon elle, ce débat dépasse les frontières de la RDC et concerne plusieurs pays africains.
« Ce n’est pas seulement ici chez nous en RDC, mais c’est partout. Au Bénin, au Togo, au Gabon… la question de la restitution est aujourd’hui sur toutes les lèvres », a-t-elle expliqué.
Avant toute restitution, des recherches sont en cours pour retracer l’origine des objets congolais conservés à l’étranger. L’IMNC participe notamment à des études menées avec le Musée royal de l’Afrique centrale en Belgique et le Musée de Bretagne à Rennes.
La responsable de l’IMNC rappelle toutefois que ce processus doit d’abord passer par les États. « Les institutions seules ne peuvent pas lancer ce processus. Les discussions doivent se faire entre les États », a-t-elle souligné.
Elle insiste également sur un autre enjeu majeur lié au retour du patrimoine. « Il faut se demander où nous allons mettre ces objets lorsque nous les récupérerons », a-t-elle fait remarquer, évoquant le défi des capacités de conservation dans les musées congolais.
Malgré ces contraintes, Mme Amisubi estime que le retour des œuvres reste essentiel pour la transmission du savoir aux jeunes générations.
Onassis Mutombo

