Film: « Congo! Silence des crimes oubliés » de Gilbert Balufu projecté à Kinshasa !

Un des groupes armés se trouvant dans le territoire congolais ph. tiers

L’hôtel Léon a servi de cadre ce samedi 12 février 2022, pour la projection du film « Congo!  Le silence des crimes oubliés! , film réalisé par le cinéaste congolais Gilbert Balufu. Ce film réalisé en 2015 a été projeté pour la toute première fois au Congo, pour un public de l’élite culturelle, suivie par des contributions intellectuelles sur la fonction du cinéma dans la représentation de l’Imaginaire d’une nation comme la RDC et clôturée par un débat.

Plusieurs personnalités scientifiques, culturelles et journalistes ont pris part à la conférence-débat, sous le thème : « Cinéma et récit national de Patrice Lumumba à la guerre de l’Est ». Cette présentation a connu trois moments forts. Le premier, c’est la visualisation du film. Pendant une heure dix-huit minutes, les participants ont regardé ce film avec un regard congolais. Le deuxième moment fort de l’événement, c’est la prise de parole des intervenants. Notamment le cinéaste et réalisateur du film, Gilbert Balufu ; le cinéaste et producteur Balufu Bakupa-Kanyinda et le politologue Freddy Mulumba.

Dans sa prise de parole, Gilbert Balufu a restitué le contexte de la réalisation de son film, ainsi que les menaces de mort dont il a été victime. Selon lui, le film a été d’abord censuré par la France, puis par les autorités congolaises. Et il a été présenté pour la première fois au « Zimbabwe International Film Festival », à Harare en octobre 2015, puis à Libreville au Gabon, en novembre 2015, fin février début mars au Fespaco 2017, où il a remporté le trophée du second meilleur film. Le 09 septembre 2018, sur 150 films de différentes catégories venant du monde entier, étant le seul film ayant représenté le continent africain, au festival de l’Inde « The 6th Indian Cine Film Festival », à Mumbai, en Inde, où le film s’est vu décerner le trophée du meilleur film et un certificat, accompagné d’une Mention d’Honneur du Jury.

 « Mais lors de mon retour du Burkina Faso, après le FESPACO 2017, la filature avait commencé ! Les forces de sécurité de l’ancien régime avaient été envoyées pour l’éliminer. J’avais donc échappé à près de cinq tentatives d’assassinat, et c’est ce qui m’a poussé d’aller en exil. Je n’ai regagné le pays que quand le pouvoir avait changé de mains », a-t-il dit.

Quant au professeur Balufu Bakupa-Kanyinda, ce dernier par contre a orienté son intervention sur le récit national et l’imaginaire. Sur ce, il affirme que le cinéma est un art politique. Pour lui, l’heure est venue pour que le Congo puisse produire sa propre image en imposant à l’autre. Au cas contraire, le pays demeurera dans l’aliénation perpétuelle.

De son côté le politologue Freddy Mulumba, a rappelé que le Congo c’est un enjeu politique. Car ses richesses minérales font l’objet de convoitise. Et la configuration de la carte du Congo sur le plan international. Pour ce faire, il a plaidé pour la prise de conscience collective.

Le dernier moment fort de la conférence, c’est l’étape interactive. La parole a été donnée aux élites. Dans l’ensemble, ces élites ont félicité le jeune cinéaste pour avoir produit un meilleur film auquel les congolais doivent agir pour mettre fin aux atrocités.

Il sied à noter que le film a été produit par la société de production « Dipanda Yo! Films Production », basé à Kinshasa depuis 1992, dont Gilbert Balufu est producteur, il fait l’objet de deux coproductions, Black Star Line, une société de droit belge, installée en Belgique, dirigée par Balufu Bakupa-Kanyinda, producteur, et Rico Workshop, dirigée par l’ Américain Rico Speight à New York/USA.

Béni Kinkela/Cp

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