Goma : le slam au féminin prend de l’envol

Goma : le slam au féminin prend de l’envol

Du 10 au 13 novembre dernier, 10 filles du collectif Goma Slam Session ont pris part à un atelier du slam animé par la belgo burundaise Joy Gioa Kayanga à la Halle le Volacn de l’institut Français de Goma. Cette résidence du  » Slam au Féminin  » a permis  aux  » inactives  » de reprendre le goût de cet art et ainsi poursuivre cette lancée.

Goma Slam Session, collectif réunissant une dizaine d’artistes rappeurs, poètes et slameurs en ville touristique, propose  plusieurs programmes dont le plus actif est le Slam au Féminin au-delà du Slam à l’école. Par le biais de cet atelier de remise à niveau qui a été axée sur les exercices de l’écriture et le coaching scénique, beacoup de ces 10 participantes ont effectué leur come-back après une période de disette. Il était aussi temps pour d’autres de faire leur  » comming-out  » artistique aux côtés des initiées.

Samedi 13 novembre, au crépuscule de la journée, le Café de l’institut Français de Goma a été le lieu de la restitution. Affûtées, concentrées, mélancoliques, joviales et prores sur la scènes, ces slameuses ont intériorisé les théories de l’enseignante qui les a trouvé impressiante et a été satisfaite de leur prouesse.

 » Impression le niveau de ces slameuses que j’ai encadré « , a déclaré Joy, qui est un modèle pour beacoup de ces slameuses.  » Elles avaient déjà les bases du slam et moi je suis venue juste leur apporter quelques petits conseils, de l’inspiration pour les nouveaux textes mais le talent était déjà là avant que j’arrive « .

Durant une heure de scène, mixée en individuel et en collectif, ces slameuses ont parlé de leurs réalités en tant que femmes, de leur pays ( RDC ), leut tristesse, leur deuil, leur identité ou encore de leur espoir.  » On a essayé de trouver, grâce à l’écriture, comment ont peut découvrir son identité car si on ne dit pas par nos propres mots qui on est, les autres pourront nous définir « , a tenu à souligner Joy après les prestations. Par cette même occasion, Joy à aussi noter l’importance est de  » penser à créer de connexion de slameurs entre les pays d’Afrique au-delà de rêver aller évoluer en Europe ou aux États-Unis « .

Avant son arrivée en ville touristique, Joy était déjà considérée comme un modèle à suivre pour ces pratiquantes du slam-poèsie. Cet atelier était donc un rêve pour elles à l’image de Esther Abumba.

 » J’ai réalisé l’un de mes rêves, celui de voir Joy Slam. Au fait, je l’ai toujours envié, voire imitée en secret. J’essayais de refaire son flow, sa musicalité « , a avoué Esther Abumba, une de belles plumes de Goma Slam Session avant de revenir sur ce qu’elle a ajouté dans gibeciere artistique :  » Par ces échanges, j’ai appris à m’ouvrir au monde des idées, à écrire sur certains sujets que j’avais du mal à écrire clairement. En plus d’avoir reçu une grande énergie et à la partager avec les autres, cet atelier m’a encore appris à travailler sur moi-même et éviter d’être concourant, mais apprendre à travailler, avancer, évoluer avec eux « .

À elle d’ajouter :  » Cet atelier a redonné la valeur au slam au féminin et a conscientisé les esprits qui s’étaient éloigné de l’émancipation. Il a redonné la grandeur à la dimension thérapeutique collective du slam « .

Au courant de l’an 2022, un recueil reprennant tous les textes de ces 10 participantes à cet atelier sera publié en Belgique avant d’être vendu en RDC.

Coup de projecteur sur Joy Gio Kayanga

Joy slam ph. Benjamin Songolo

JOY, belge d’origine italienne et burundaise, est née en 1990 dans la province de Namur. Elle grandit à l’écoute d’artistes comme Renaud et Brassens puis Gaël Faye, Keny Arkana, Damian Marley, Protoje,… Après des études de littératures, Joy découvre le slam et évolue aux côtés des passionnés de poésie qu’elle croise sur les scènes et lors les ateliers d’écriture qu’elle anime.

Joy reçoit le prix “Paroles urbaines” en 2013 (Fédération Wallonie-Bruxelles). En 2015 elle publie un recueil de poèmes aux éditions maelstrom « L’arbre sans racines d’un pays sans soleil ». En 2016, elle produit son premier projet musical en collaboration avec Youri, « Asali » qui tournera en Belgique, en France et à la Réunion. Dès l’année suivante, elle sort son premier album sous la direction artistique de Pitcho Womba Konga, « Tram 25 ». Véritable concert-spectacle, l’album tourne dans des festivals de musique et de poésie à travers le monde (Afropolitan Festival à Bruxelles, Centre National des Arts d’Ottawa, Centre culturel français de Toronto, Festival Fish Goni au Niger…).

Joy collabore a plusieurs reprises avec la réalisatrice franco-camerounaise Soraya Milla (« Exotique », « Vitiligo »…), participe au projet Poète Public dans les stations de métro, se perfectionne dans l’animation d’ateliers slam… Avec son deuxième album, « L’Art de la joie », JOY franchit le cap d’une proposition musicale qui réunit ses influences, littéraires et culturelles, accompagnée d’un groupe éclectique et métissé, qui porte avec puissance et finesse la voix de ses révoltes. L’album, au même titre que le roman de Goliarda Sapienza dont il est inspiré, est une ode à la femme libre et humaniste.
Animée d’une énergie solaire, d’un regard vif et d’une gestuelle dans laquelle elle mêle toutes les cultures qu’elle a choisi de tenir ensemble, JOY livre sous sa plume acérée, des bouquets de colères, de joie et d’idées qui bousculent et nous font danser !

En 2020, JOY sort au début de l’année un recueil de poésie intitulé « Hybride » puis à la fin de l’année son premier essai « Ensauvagement, le petit livre de la colère » toujours aux éditions maelstrÖm. Elle participe à de nombreux projets tels que « Fleurs de funérailles » (écriture de poèmes personnalisés pour familles endeuillées durant la crise covid), organisation de « slam sauvage » et performances dans l’espace public… Après avoir vu de nombreux projets être annulés, tels que la tournée dans la écoles avec les Jeunesses Musicales et sa participation à de nombreux festivals, elle décide d’établir une partie de ses activités dans la région chère à son coeur des Grands Lacs.

David Kasi

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