Wallonie-Bruxelles/Lubumbashi : « En arriver-là aujourd’hui, c’est un vrai succès pour moi », Annie Kabeya KITOKO

Annie Kabeya,Cheffe du Bureau Wallonie-Bruxelles Haut-Katanga ph tiers

Derrière la présence du Bureau Wallonie-Bruxelles se cache une dame de fer. Annie Kabeya Kitoko, après 23 ans dans les rouages de la Délégation générale Wallonie-Bruxelles, a été choisie, depuis 2015, pour être à la tête de la succursale de cette mission dans le Haut-Katanga diplomatique.

Ayant pour mission la mise en œuvre de la coopération Wallonie-Bruxelles dans le Haut-Katanga, la Délégation générale Wallonie-Bruxelles de Kinshasa est une entité de la représentation de trois gouvernements Belge et francophone : La communauté française de Belgique, le gouvernement de la région Wallonne et la COCOF. La cheffe du Bureau Wallonie-Lubumbashi se confie à Arts.cd dans cet entretien exclusif. Découverte.

Quelles sont les activités phares de Wallonie-Bruxelles?

Nous travaillons avec les opérateurs sur terrain entre autres le gouvernement, la société civile, les jeunes, les agriculteurs. Pour 2021, nous avons subi comme tous les autres organismes, les effets de la COVID 19 qui n’ont pas permis à ce qu’on organise des évènements grand public. L’on s’est adapté en modifiant la manière de travailler, en assurant les opérateurs chez eux, entre autres les ateliers de 10 ou 20 personnes. Ce qui a eu de l’impact sur notre visibilité. Bon nombre d’acteurs sur terrain ont bénéficié des appuis modestes mais il y a eu un impact positif.

L’activité phare de l’année 2021 a été l’inscription de la rumba congolaise sur la liste représentative des patrimoines culturels immatériels de l’humanité par l’UNESCO. Je le note comme activité phare parce que le Bureau Wallonie-Bruxelles a été à l’initiative des actions menées localement dans le grand Katanga pour contribuer à la sensibilisation depuis 2006. Nous avons organisé des colloques, des conférences, des concerts concours ainsi que tant d’autres activités sur la rumba en mobilisant les artistes de Lubumbashi, Likasi, Kolwezi pour des activités,… Voilà pourquoi après la publication, nous avons organisé un concert avec une vingtaine d’artistes venue de tous les coins du grand Katanga et ont partagé la même scène durant près de deux heures.

Quelles ont été les difficultés durant l’an 2021 ?

Notre travail concerne plusieurs domaines d’activités. Nous soutenons des agriculteurs,  des femmes, des jeunes, nous sommes dans l’éducation, la culture où nous organisons une panoplie d’activités,… tout cela nécessite des moyens importants. Parfois, nous sommes débordés par des demandes de soutien. Il est aussi difficile d’opérer un choix sur le projet à financer ou à accompagner. C’est vrai que Wallonie-Bruxelles ne peut pas à elle seule tout faire mais si on a d’autres structures, organismes, d’autres acteurs ou comme l’Etat qui accorde certains appuis, à mon avis, je crois que l’impact sera beaucoup plus visible en faveur des femmes, enfants, artistes, ou autres opérateurs.

Êtes-vous satisfaite du bilan des activités de l’année 2021 ?

Je pense que c’est une satisfaction personnelle parce qu’il y a 23 ans, si on m’avait dit que j’allais atteindre ce niveau, je n’aurais peut-être pas accepté. Quand j’ai commencé chez Wallonie, je venais fraîchement de l’Université, ni formation ni expérience en matière de gestion de Mission diplomatique. Lors de la sélection, j’étais la plus jeune face aux gens qui ont étudié dans des Universités meilleures que moi. Mais j’étais déterminée à réussir. En arriver là aujourd’hui, c’est un vrai succès pour moi, je suis très contente de ma carrière. Il faut savoir saisir les opportunités pour réussir.

Quels sont les grands projets pour 2022 ?

Pour 2022, nous avons programmé une série d’activités. Déjà au mois de mars, nous avons réalisé une grande activité qui a consisté à organiser un atelier de formation de femmes artistes. Nous avons formé une vingtaine de femmes dans plusieurs domaines dont artistes musiciens, danseuses, comédiennes,… L’idée dernière était d’aider ces femmes à valoriser leurs talents. Et la valorisation du talent est aussi le management de carrière. Ce projet a réuni des artistes de Bruxelles, de Bukavu, de Kinshasa, de Likasi pendant deux semaines pour pouvoir mettre ensemble une structure de collaboration. Cette structure sera une sorte de label qui pourra accompagner les femmes artistes dans la mise en place de projets communs. Un grand concert a clôturé cette formation à Lubumbashi, le 11 mars. C’était beau de voir les femmes venues de partout partager la même scène.

Nadine Kat/Haut-Katanga

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